Péquin ou pékin.--Professeur, le pays.--Peu s'en faut que ne, quelque
que... qui que ce soit qui...--Pieça.--_Que_, après _davantage_.--Se
souvenir.--Sur, sous, sous le rapport de...--Très, en composition.--Trou
de chou.--Trousser, trousses.--Vassal et valet.--Verbes
réfléchis.--Trois périodes dans notre langue.
PÉKIN ou PÉQUIN.
Mot adopté (non pas inventé) par les militaires de l'empire, pour
désigner les bourgeois.
M. J. J. Ampère propose l'étymologie _Paganus_, _païen_, à laquelle il
est difficile de croire.
En voici une autre qui se rattache aux règles de l'ancienne
prononciation, par lesquelles _em_ sonnait _an_, et l'_r_ s'effaçait,
suivie d'une seconde consonne.
_Péquin_ est pour _Perquem_; prononcez _péquan_. De _péquan_, la
prononciation vulgaire a fait _péquin_, comme d'_Arlecamp_, _Arlequin_.
Mais qu'est-ce que _Perquem_, et où voit-on que ce _Perquem_ ait jamais
été en usage?
Je réponds par une citation tirée des dialogues de Henri Estienne:
«Il y a longtemps aussi qu'on a dit, en latinizant, _liperquam_: faire
du _liperquam_, ou faire _le liperquam_, au lieu de dire _luy per
quem_.»
(_Du Lang. fr. ital._, p. 616.)
Faire du _liperquam_, c'est trancher de l'homme d'importance, faire
l'homme par qui...! _Per quem omnia fiunt_, c'est être un fat, un
faquin, un impertinent. _Ly_ ou _luy_, pour _celui_, est tombé; il n'est
resté que les deux mots latins, _per quem_. Un _perquem_, ou un
_péquan_. On voit qu'en cette affaire le militaire, qui usait de ce
terme à une époque où le sabre était tout, était lui-même au fond le
véritable _péquin_, faisant _du luy per quem_ ou _du lypéquan_. On
aurait pu lui répondre:
Vous donnez sottement vos qualités aux autres.
L'ignorance de l'étymologie a fait écrire le mot _Péquin_ comme le nom
de la ville chinoise, _Pékin_; d'où naturellement on a substitué un
_chinois_ à un _pékin_.
On devrait, tous les cinquante ans, refaire la jolie comédie de
Boursault, _les Mots à la mode_. Chaque époque a son jargon qui passe,
mais non sans laisser dans les meilleurs livres et dans le parler
quelque trace de son passage; d'où il résulte que la langue se trouve
enfin notablement détériorée.