_De quelques finesses de versification que l'on croit modernes._
Quand on veut donner l'idée d'une composition grossière et barbare, on
cite toujours les _Mystères_ du moyen âge. On ne les a pas lus, mais
n'importe: on les méprise de confiance. Ce sont des oeuvres
très-irrégulières sans doute, mais l'art n'y est pas si étranger qu'on
le croit bien. Qui prendrait la peine de les examiner, y pourrait faire
des découvertes intéressantes, et aussi inattendues que celui qui, en
battant les broussailles, trouverait des pièces d'or.
S'attendrait-on, par exemple, à rencontrer dans un mystère la forme
piquante et spirituelle du triolet, qui semble une invention de l'esprit
du XVIIIe siècle? Voici un joli triolet tiré du mystère de la Passion,
joué à Angers en 1482. La scène est aux noces de Cana; le vin manque: