Peux-tu le demander, dans la place où je suis?
Ce trait est profond et digne de Corneille. Cependant, il eût
peut-être fallu que le dernier hémistiche fût plus détaché du premier
pour présenter l'idée d'une manière plus frappante.
Rien n'est plus brillant en poésie que les gradations; mais elles
demandent un art extrême. Il faut toujours observer la règle de cette
figure, qui exige que le trait qui suit l'emporte de beaucoup pour la
force, sur celui qui le précède, et que le dernier enfin les efface
tous. Racine nous en offre un modèle dans ces vers du rôle d'Aman:
Mardochée est coupable; et que faut-il de plus?
Je prévins donc contre eux l'esprit d'Assuérus;
J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie;
J'intéressai sa gloire, il trembla pour sa vie.
Quelle vivacité dans ces deux derniers vers! quels coups redoublés! et
comme ils sont bien terminés par le plus terrible: _il trembla pour sa
vie!_
Nulle paix pour l'impie; il la cherche, elle fuit.
Ce vers vole presqu'aussi vîte que la pensée. Maynard, dans l'Ode dont
j'ai parlé plus haut, a un trait d'une rapidité aussi sublime. Il dit
à Alcippe:
La cour méprise ton encens;
Ton rival monte, et tu descends.
M. l'abbé d'Olivet[11], au sujet du vers de Racine, fait une remarque
de grammaire bien importante; il dit: «Je doute que le pronom relatif
_la_, puisse être mis après _nulle paix_»; et il s'appuie de cette
règle de Vaugelas «qu'on ne doit pas mettre de relatif après un nom
sans article.» Cependant il n'admet cette règle que pour le relatif
_le_, et non pas pour le relatif _qui_. Dans la phrase, _il la
cherche_, le _la_ semble en effet dire _il cherche nulle paix_,
puisque ces deux mots ne font qu'un sens et sont inséparables. Pascal,
dans ses _Lettres provinciales_, l'ouvrage le plus pur de la langue
française, a fait aussi la même faute. On lit dans sa VIIe lettre
(édit. 1766, vol. _in_-12, pag. 97): «Et ce n'a pas été sans raison.
La voici.--Je la sais bien, lui dis-je.» Pour pouvoir dire, _la voici,
je la sais_, il aurait fallu qu'il y eût _et ce n'a pas été sans une
bonne raison_, ou une phrase équivalente, dans laquelle le substantif
fut précédé d'un article.
[11] Voyez pag. 253 de ses _Remarques sur Racine_, insérées dans
le volume intitulé, _Remarques sur la langue française_, par M.
l'abbé d'Olivet; chez Barbou, édit. de 1783, vol. _in_-12.
Là où l'on aime à trouver surtout Racine, c'est dans ces images
gracieuses, où son imagination féconde s'est plu à embellir une
expression peu noble, à enrichir d'un mot créé une idée sans cela trop
commune, enfin à métamorphoser, pour ainsi dire tous les objets sur
lesquels elle promène ses regards. Citons-en quelques exemples.
L'une d'un sang fameux vantait les avantages;
L'autre, pour se parer de superbes atours,
Des plus adroites mains empruntait le secours.
Ces deux derniers vers n'avaient assurément qu'une idée bien commune à
exprimer; mais comme tout est embelli par le charme du style!
Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce.
Le terme de _je ne sais quoi_ semblait appartenir à la familiarité de
la conversation ou de la comédie; cependant, dans le vers cité, il
paraît être placé si naturellement, que l'élégance, loin d'en être
blessée, en contracte un air de naturel, qui ajoute ici au mérite de
l'expression, parce que ce naturel sied à merveille au langage d'un
amant. Aman dit ailleurs, d'une manière aussi heureuse:
Un je ne sais quel trouble empoisonne ma joie.
Tout le monde a cité ces vers où les exemples de mots communs,
ennoblis par notre poète, sont frappans:
Baiser avec respect le pavé de tes temples.
Et celui-ci, dans _Athalie_:
Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses?
En voici un où cette hardiesse n'a pas été heureuse.
Racine fait dire à une Israélite:
Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochaine.
Ce vers pèche par trop de familiarité. Le mot _chambre_ surtout est
choquant. Mais la phrase _payer avec usure_, qui est du nombre de
celles que l'on appelle des phrases faites, et par conséquent
appartenant au langage familier, a été employée avec beaucoup de
bonheur par Racine, dans le vers suivant:
Babylone paya nos pleurs avec usure.
Le vers est noble, et la phrase _payer avec usure_, loin de paraître
basse, ajoute même à l'énergie.
Rien n'est plus gracieux que les images suivantes. En parlant de
jeunes filles emmenées en captivité, _Esther_ dit:
Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées,
Sous un ciel étranger, comme moi transportées,
Dans un lieu séparé de profanes témoins,
Je mets à les former mon étude et mes soins.
Cette image nous intéresse à la fois, nous émeut de compassion. On ne
saurait mieux peindre la situation de jeunes filles sans soutien,
jetées au milieu d'une nation qui leur est étrangère.
Ma vie à peine a commencé d'éclore,
Je tomberai comme une fleur
Qui n'a vu qu'une aurore.
Hélas! si jeune encore,
Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?
Il est impossible de lire rien de plus parfait; toutes ces images sont
fraîches, gracieuses et touchantes dans la bouche de jeunes filles.
Ma vie à peine a commencé d'éclore,
est de l'imagination la plus aimable et la plus riante.
Aman veut demander à Hydaspe quelle protection Mardochée peut avoir à
la cour. Un autre poète aurait fait de cette idée un vers qui n'eût
été ni bon ni mauvais; mais Racine a dit:
Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui?
Et ailleurs, Hydaspe, pour demander à Aman qui jamais fut plus heureux
que lui, dit:
Eh! qui jamais du ciel eut des regards plus doux?
Toujours des images! et voilà ce qui distingue particulièrement la
langue de Racine. Lorsqu'il a de belles idées à exprimer, quelque
long récit à faire, ou des passions à traiter, il est impossible, en
exceptant cependant l'amour, que d'autres poètes puissent approcher de
lui, ou même qu'ils parviennent quelquefois à l'égaler; mais quand il
faut substituer une image à l'idée simple, dire une chose que tout le
monde a dite, son heureuse imagination laisse bien loin tous ses
rivaux.
Citons un des tableaux les plus agréables qui se trouve dans _Esther_:
Tous ses jours paraissent charmans:
L'or éclate en ses vêtemens;
Son orgueil est sans borne, ainsi que ses richesses;
Jamais l'air n'est troublé de ses gémissemens;
Il s'endort, il s'éveille au son des instrumens;
Son cœur nage dans la molesse.
Pour comble de prospérité,
Il espère revivre en sa postérité;
Et d'enfans à sa table une riante troupe
Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.
Toujours cette manie du poète de donner à chaque idée l'expression et
l'harmonie qui lui est propre. Quel calme dans ce vers:
Jamais l'air n'est troublé de ses gémissemens.
Et cet _il s'endort_ qui coupe le vers, avec quel art il peint, par sa
chûte lourde, l'accablement du sommeil! Je n'ai pas besoin d'avertir
combien est belle l'image qui termine le morceau, et combien est
hardie l'expression de _boire la joie à pleine coupe_.
Voyons encore Rousseau, avec son énergie et son feu ordinaires,
exprimant les mêmes images:
Cette mer d'abondance où leur âme se noie,
Ne craint ni les écueils, ni les vents rigoureux:
Ils ne partagent point nos fléaux douloureux;
Ils marchent sur les fleurs, ils nagent dans la joie;
Le sort n'ose changer pour eux.
On voit tout de suite, comme dans le premier exemple, l'imagination
créatrice et le pinceau du grand maître; et l'on aime, après avoir
admiré les vers de Racine cités plus haut, à payer un juste tribut
d'éloge à ceux-ci:
Cette mer d'abondance où leur âme se noie,
qui est magnifique, ainsi que le dernier,
Le sort n'ose changer pour eux.
_Le sort qui n'ose changer_, est de la plus grande force.
Pourquoi si peu de poètes ont-ils été doués de cette sensibilité
profonde, si nécessaire à celui qui veut traiter tour à tour les
douceurs et les emportemens de l'amour? Pourquoi n'a-t-on recours le
plus souvent qu'au seul Racine, quand on parle de cette passion? Et je
ne dis pas cela des poètes tragiques seulement, mais encore de presque
tous ceux qui ont écrit dans les autres genres; cependant, ils se
disent tous inspirés par la sensibilité et par l'amour. Ce moyen est
si sûr pour plaire, qu'on ne pense pas à l'impossibilité qu'il y a
d'en imposer au cœur. Qu'est-il arrivé? c'est que la plupart des
poètes ont rempli leurs ouvrages de définitions de ces sentimens, et
que très-peu les font reconnaître au langage qui leur est propre. Ils
n'en eussent pas parlé ainsi, s'ils en avaient réellement été
pénétrés, car ils auraient su qu'il est certaines affections de l'âme
dont les définitions sont aussi inutiles qu'impossibles à faire, parce
qu'elles ne sont comprises de personne. L'homme qui n'aura point connu
cette passion, ne vous entendra pas; et vous ne pourrez jamais la
rendre que faiblement à celui qui l'aura éprouvée. En effet, est-il
rien de plus ridicule que de vouloir définir l'amour, la sensibilité,
la tendresse? Leurs nuances fines et imperceptibles se font sentir;
mais elles échappent, lorsqu'on veut les saisir; et il en sera
toujours d'elles comme du plus grand nombre des choses; on dira plutôt
ce qu'elles ne sont pas que ce qu'elles sont. Un amant a-t-il jamais
cherché à expliquer la passion qui le tourmente? non, il en est
incapable; les idées, les mots, tout lui manque. Il pense à celle
qu'il aime; c'est là tout ce qu'il peut dire; il est condamné à
renfermer sa passion au-dedans de lui-même, ou à ne la manifester que
par la joie, la tristesse, le dépit, le chagrin, et d'autres mouvemens
semblables et passagers. L'amour n'a pas permis que son secret fût
révélé; l'homme ne le possède qu'avec l'impossibilité de le divulguer,
et il en perd le souvenir au moment où sa passion cesse, car ce secret
n'est jamais que l'amour même. Voilà ce que les Corneille semblent
n'avoir pas senti, lorsqu'ils ont mis dans la bouche de leurs amantes
ces maximes d'amour, si froides et si éloignées de la nature. Dans
Racine au contraire, Hermione, Roxane, ne me débitent aucune sentence,
ne cherchent point à me faire comprendre qu'elles aiment par des
définitions ou par des raisonnemens. Mais je les vois tour-à-tour
accabler leurs amans de reproches et s'efforcer de les attendrir,
prendre la résolution de les abandonner et les chercher partout,
vouloir bannir leur image de leur cœur et parler sans cesse d'eux.
C'est alors que je reconnais l'amour et que je m'intéresse à ceux qui
l'éprouvent, parce que je ne doute plus que cette passion ne les
tyrannise. Mais quel cœur il faut avoir pour cela, et quelle
irritabilité dans l'imagination, pour être frappé de tout et pour
pouvoir tout exprimer! Ce devait sans doute être une âme de feu que
celle d'où sont partis les emportemens de Roxane, les reproches amers
d'Hermione, les douces plaintes de Bérénice, et les fureurs de
Phèdre. Aussi, si quelques anciens ont peint l'amour avec la même
force que Racine, il n'y a ni anciens ni modernes qui puissent jamais
être mis au-dessus de lui; il semble qu'en parlant d'_Esther_, l'éloge
de cette partie du talent de ce grand poète ne dût pas y trouver
place. En effet, on avait demandé à Racine une pièce sans amour, il le
promit; mais fut-il en état de tenir parole? et dépendait-il de lui
qu'on ne reconnût, même dans ce sujet sacré, la plume brûlante qui
avait exprimé tous les mouvemens de l'amour? car, qu'est-ce que
l'amour, si ceci n'en est point?
Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire,
Et ces profonds respects que la terreur inspire,
A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,
Et fatiguent souvent leur triste possesseur.
Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce
Qui me charme toujours, et jamais ne me lasse.
De l'aimable vertu doux et puissans attraits!
Tout respire en Esther l'innocence et la paix;
Du chagrin le plus noir, elle écarte les ombres,
Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.
Que dis-je! sur ce trône, assis auprès de vous,
Des astres ennemis j'en crains moins le courroux,
Et crois que votre front prête à mon diadême
Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.
Osez donc me répondre, et ne me cachez pas
Quel sujet important conduit ici vos pas,
Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent.
Je vois qu'en m'écoutant, vos yeux au ciel s'adressent.
Parlez: de vos désirs le succès est certain,
Si ce succès dépend d'une mortelle main.
Sans doute, celui qui parlait ainsi était inspiré par l'amour.
Assuérus n'est content que lorsqu'il est auprès d'_Esther_; il
voudrait pouvoir ne la jamais quitter: à son aspect, le chagrin fait
place au plaisir; assis à côté d'elle, il ne craint plus ni les astres
ennemis, ni les dieux; il est attentif à ses moindres mouvemens; il la
presse, il la supplie de lui révéler son secret. Il la voit lever les
yeux au ciel; l'inquiétude s'empare de son esprit, il ne se possède
plus; et il finit par lui dire en amant aveugle, sans savoir ce
qu'elle exigera:
De vos désirs le succès est certain,
Si ce succès dépend d'une mortelle main.
Voilà le véritable langage de la passion. Et quelle diction! quelle
énergie dans ces vers!
Ce sceptre et cet empire
A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,
Et fatiguent souvent leur triste possesseur.
Et quel charme dans les deux suivans!
Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres,
Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.
Rien n'est plus dans le caractère de la passion que ces sortes de
répétitions, ni plus agréable que ces oppositions de mots, comme
_sereins_ et _sombres_ qui se trouvent dans le même vers. C'est là ce
qui fait la beauté de ce vers de Virgile:
Te, veniente die, te, decedente, canebat.
Quelques taches légères s'aperçoivent pourtant dans ce beau morceau.
Les critiques ressemblent à ceux qui examinent de grands tableaux
d'histoire, une loupe à la main. Les défauts qu'ils aperçoivent au
moyen de leur vue artificielle, disparaissent lorsqu'on examine
l'ensemble du tableau, mais n'en sont pas moins des défauts. Au reste,
cette loupe est plus nécessaire pour Racine que pour tout autre; et
puisque nous avons tant fait que de nous en servir, profitons-en pour
découvrir encore quelques petites imperfections.
Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire,
Et ces profonds respects que la terreur inspire,
A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur,
Et fatiguent souvent leur triste possesseur.
Il y a ici une petite faute, parce que des trois nominatifs qui
régissent la même phrase, il y en a un qui ne peut point la régir.
Dégageons ces vers de la tournure poétique, et nous aurons, _ce
sceptre, cet empire et ces profonds respects fatiguent leur
possesseur_. On conçoit bien le _possesseur d'un sceptre, d'un
empire_, mais non pas le _possesseur de respects_. On est _l'objet de
profonds_ _respects_, on n'en n'est pas le _possesseur_. Plus loin on
trouve ces vers:
Que dis-je! sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis j'en crains moins le courroux.
Le relatif _en_ signifie ici _à cause de cela, de cette circonstance_,
et devrait se trouver ainsi à côté de la phrase à laquelle il se
rapporte, _assis auprès de vous, j'en crains moins le courroux des
astres ennemis_. Mais étant placé immédiatement après _des astres
ennemis_, on est tenté de rapporter cet _en_ à ces _astres_: ce qui
deviendrait alors une véritable faute, au lieu que ce n'est ici qu'une
petite négligence; d'ailleurs, je crois ce _en_ très-nécessaire, parce
qu'il revient sur l'idée principale qui occupe Assuérus, et il eût été
moins bien de dire:
Que dis-je! sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis je crains moins le courroux.
Racan, dans ces belles stances à Tircis, fait la faute que semblait
faire Racine; il dit:
Et voit enfin le lièvre après toutes ses ruses,
Du lieu de sa retraite en faire son tombeau.
Le _en_ est ici visiblement inutile. Puisque le substantif est
exprimé, le pronom ne tient la place de rien, et par conséquent est de
trop.
Citons encore quelques-uns de ces vers qui n'ont point été faits par
Racine, mais qui se sont trouvés faits chez lui, et qui se sont
élancés du fond de son âme.
Demain, quand le soleil ramènera le jour,
Contente de périr, s'il faut que je périsse,
J'irai pour mon pays m'offrir en sacrifice.
Cette répétition du mot _périr_ rend le second vers doux et touchant.
Les sentimens vifs et les passions aiment en général à revenir sur les
mêmes mots, parce que l'âme est toujours obsédée de la même pensée.
Virgile, qui se présente si naturellement à l'esprit lorsqu'on parle
de Racine, dit dans une de ses églogues:
Occidet et serpens, et fallax herba veneni
Occidet.
On voit ici l'espérance qui se complaît dans l'idée de voir mourir les
serpens et les herbes venimeuses, et qui répète avec complaisance le
mot _mourir_ (OCCIDET).
Voici quelques exemples encore du même genre:
Ma prompte obéissance
Va d'un roi redoutable affronter la punissance.
C'est pour toi que je marche, accompagne mes pas
Devant ce fier lion qui ne te connaît pas.
Cette image du lion est noble, sans être recherchée, parce qu'elle est
naturelle à une personne de qui la terreur s'est emparée. On la trouve
aussi dans la Bible: mais ce qui ne s'y trouve pas, c'est cet
hémistiche, _qui ne te connaît pas_, dont la simplicité est si
touchante.
Le dialogue de Racine offre souvent de ces réponses d'une concision
élégante, et si rare lorsqu'on est restreint dans les bornes étroites
d'un seul vers. Assuérus demande à Asaph:
Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-il reçu?