De la querelle survenue entre ce môme roi et Galeran, comte de
Meulan; et comment elle fut terminée.
.... OR, à la droite des ennemis, les troupes s’étant avancées en
ordre de bataille avec les archers à cheval, qui étaient en
très-grand nombre dans l’armée du roi, il s’éleva des deux côtés
de grands cris, comme il arrive ordinairement au commencement
d’une bataille. Mais avant que les corps des chevaliers se fussent
rencontrés, le parti du comte était presque entièrement détruit
par la vigueur des archers, qui l’écrasèrent d’une grêle de
flèches, vers le côté droit [p. 272] où les ennemis n’avaient pas
de boucliers pour se défendre. Il serait trop long d’entrer dans
les détails de cette affaire, et, pressé de passer à un autre
sujet, je me hâte d’en rapporter seulement l’issue.
Peu après que le combat eut été engagé, le comte Galeran fut fait
prisonnier, et l’on prit aussi tous ces riches et nobles
chevaliers qui suivaient ses bannières. Quelques-uns d’entre eux
cependant, après être tombés aux mains de leurs ennemis, se
sauvèrent par la fuite, du consentement de ceux de leurs parens
qui combattaient dans l’armée royale. Parmi ces derniers, furent
Amaury, comte d’Evreux, et Guillaume Louvel, d’Ivry. Cette
bataille fut livrée par les généraux de Henri, roi des Anglais,
contre Galeran, comte de Meulan, l’an 1124 de l’Incarnation du
Seigneur, et le 26 mars, non loin du lieu que l’on appelle le
bourg de Turold.