Comment le duc Richard, se trouvant à toute extrémité, remit son
duché à Richard, son fils aîné.
LE duc Richard, quoiqu’il se fût constamment illustré en tous
lieux par les actions les plus éclatantes, demeura cependant
toujours fidèle serviteur du Christ; tellement qu’on l’appelait à
bon droit le père très-tendre des moines et des clercs, et le
protecteur infatigable des pauvres. Honoré par ces vertus et par
d’autres semblables, il commença à être violemment accablé d’une
maladie de corps. Ayant donc convoqué à Fécamp Robert l’archevêque
et tous [p. 134] les princes Normands, il leur annonça qu’il était
déjà entièrement détruit. Aussitôt, dans tous les appartemens de
la maison, tous furent saisis d’une douleur intolérable. Les
moines et les clercs se lamentaient tristement, sur le point de
devenir orphelins d’un père si chéri; dans les carrefours de la
ville, des mendians se livraient à la désolation, en perdant leur
consolateur et leur pasteur. Enfin ayant appelé son fils Richard,
il le mit à la tête de son duché, après avoir consulté des hommes
sages, et donna à Robert son frère le comté d’Hiesmes, afin qu’il
pût être en état de rendre à son frère le service qu’il lui
devait. Ayant ensuite fait d’un cœur ferme toutes ses dispositions
pour les choses qui se pouvaient rapporter au service de Dieu,
l’an 1026 de l’Incarnation du Seigneur, il dépouilla l’enveloppe
de l’homme, et entra dans la voie de toute chair, régnant Notre
Seigneur Jésus-Christ, dans la divinité de la majesté du Père, et
dans l’unité du Saint-Esprit, aux siècles des siècles. Amen!
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