CHAPITRE XVII.

Comment le duc Richard, se trouvant à toute extrémité, remit son

duché à Richard, son fils aîné.

LE duc Richard, quoiqu’il se fût constamment illustré en tous

lieux par les actions les plus éclatantes, demeura cependant

toujours fidèle serviteur du Christ; tellement qu’on l’appelait à

bon droit le père très-tendre des moines et des clercs, et le

protecteur infatigable des pauvres. Honoré par ces vertus et par

d’autres semblables, il commença à être violemment accablé d’une

maladie de corps. Ayant donc convoqué à Fécamp Robert l’archevêque

et tous [p. 134] les princes Normands, il leur annonça qu’il était

déjà entièrement détruit. Aussitôt, dans tous les appartemens de

la maison, tous furent saisis d’une douleur intolérable. Les

moines et les clercs se lamentaient tristement, sur le point de

devenir orphelins d’un père si chéri; dans les carrefours de la

ville, des mendians se livraient à la désolation, en perdant leur

consolateur et leur pasteur. Enfin ayant appelé son fils Richard,

il le mit à la tête de son duché, après avoir consulté des hommes

sages, et donna à Robert son frère le comté d’Hiesmes, afin qu’il

pût être en état de rendre à son frère le service qu’il lui

devait. Ayant ensuite fait d’un cœur ferme toutes ses dispositions

pour les choses qui se pouvaient rapporter au service de Dieu,

l’an 1026 de l’Incarnation du Seigneur, il dépouilla l’enveloppe

de l’homme, et entra dans la voie de toute chair, régnant Notre

Seigneur Jésus-Christ, dans la divinité de la majesté du Père, et

dans l’unité du Saint-Esprit, aux siècles des siècles. Amen!

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Histoire des ducs de Normandie, suivie de: Vie de Guillaume le Conquérant · 第 58 / 168 题