Elle est pour lui le _baromètre_ du bonheur (Argot du peuple). _N._

=BATTRE LA BRELOQUE=: Les _tapins_, au régiment, _battent la breloque_

pour annoncer l’heure de la soupe.

Une pendule détraquée qui marche comme les montres marseillaises,

lesquelles abattent l’heure en quarante-cinq minutes, _bat la

breloque_.

Avoir le _coco fêlé_, ne plus savoir ce que l’on fait, avoir des

moments d’absence, c’est _battre la breloque_.

On dit également: _battre la campagne_ (Argot du peuple).

=BÉRENGÉRISME=: En être atteint, c’est une maladie bien désagréable.

Le _Père la Pudeur_ qui fonctionne au bal de l’Élysée-Montmartre

_bérengérise_ les danseuses qui lèvent la jambe à hauteur de l’œil,

sans pantalon:

—Veux-tu cacher ton prospectus? dit le vieil empêcheur de danser en

rond.

—Ça m’est recommandé par mon médecin de lui faire prendre l’air,

répond la _Môme Cervelas_ (Argot du peuple). N.

=BÉQUET=: Le _passiffleur_ met des _béquets_, des pièces, aux vieux

souliers; il en existe qui arrivent à une perfection si grande qu’il

est impossible de découvrir la pièce (Argot du peuple).

=BÉQUET=: Terme d’imprimerie.

Petits paquets de composition pour _ajouter_ ou _compléter_ un grand

paquet.

En corrigeant un article, on ajoute des _petits béquets_ à droite et à

gauche pour le corser (Argot d’imprimerie).

=BIBARDER=: Vieillir.

—C’est extraordinaire comme les chagrins te font _bibarder_.

_Bibarder_ veut aussi dire boire.

—_Bibardons_-nous une tasse? (Argot du peuple).

=BIEN DE LA MAISON= (Es-tu): Expression employée au jeu de _manille_.

Dans la partie à quatre, les joueurs sont deux à deux; ils se

questionnent à voix haute pour savoir comment diriger leur jeu:

—_Es-tu bien de la maison?_ As-tu beaucoup d’atout? (Argot du peuple).

_N._

=BINAISE=: Abréviation du mot _combinaison_.

_Binaise_: tirer un plan pour faire quelque chose.

—Faisons une _binaise_ pour nous offrir un _kilo_ (Argot

d’imprimerie). _N._

=BŒUF= (Avoir un mâle): Être fort en colère.

Superlatif de _bouffer son bœuf_ (Argot d’imprimerie).

=BOUCHON=: Bourse.

Allusion à l’argent qu’elle contient, qui sert à _boucher_ des trous.

Pour payer une dette, on dit: _boucher un trou_ (Argot du peuple).

=BOUIF=: Mauvais ouvrier.

On disait cela primitivement des ouvriers cordonniers, mais depuis,

cette expression s’est étendue à tous les corps de métiers.

Un mauvais écrivain ou un mauvais acteur, c’est un _bouif_ (Argot du

peuple).

=BOULANGER= (Le): Le diable (Argot des voleurs).

=BOULANGER QUI MET LES ÂMES AU FOUR= (Le): Le diable qui fait cuire

les gens en enfer (Argot des voleurs).

=BOULE DE SUIF=: Homme ou femme gras à lard (Argot des voleurs).

=BOULOTTER DE LA CALIJATTE=: Cette expression très pittoresque a une

saveur toute particulière; elle est connue depuis peu.

_Boulotter_: manger; _calijatte_: secret.

Mot à mot: _manger du secret_.

On sait que la cellule est la terreur du plus grand nombre des

détenus, mais elle est un paradis relatif quand il n’est pas au

_secret_.

Être au _secret_ est un supplice épouvantable. On comprend que les

plus endurcis voleurs redoutent cette torture; cela explique qu’ils

sont parfois empêchés de commettre un acte criminel ou qu’ils avouent

tout ce qu’on leur demande pour éviter de _boulotter de la calijatte_

pendant de longues semaines (Argot des voleurs). _N._

=BOUQUET=: Quand un _nourrisseur de poupard_ a bien préparé une

affaire, et que le vol a été fructueux, il reçoit une prime de ses

complices, quelquefois quarante pour cent; cela se nomme recevoir un

_bouquet_ (Argot des voleurs).

=BOURDON=: Quand le metteur en page ne s’aperçoit pas qu’un mot a été

oublié en composant un article, ce dernier devient incompréhensible.

S’il s’en aperçoit et qu’il faille remanier le paquet, c’est enlever

le _bourdon_ (Argot d’imprimerie).

=BRANCARD=: Un vieil adage dit que les femmes c’est comme les

souliers: quand c’est vieux, ça boit.

Toutes ne boivent pas; il en est qui, trop vieilles pour continuer

leur profession, instruisent les jeunes et leur apprennent les

secrets du métier.

Mot à mot: _brancard_, aller _traîner_ les apprenties putains sur le

_trimard_ (Argot des filles).

=BRICOLE À CHEVEUX=: Le peigne ou l’épingle qui fixe le chignon d’une

femme (Argot des voleurs). _N._

=BRISER=: S’en aller.

—Mon vieux, il est l’heure de la _mouise_, je me la _brise_ au galop.

Quand une commandite d’ouvriers compositeurs a achevé son travail, le

metteur en page frappe sur sa casse avec un _taquoir_.

Ce signal veut dire: c’est fini, _brisez_ (Argot d’imprimerie).

=BRODEUSE=: Homme et femme à la fois.

De la famille des pédérastes (Argot du peuple).

=BRÛLER LA CHANDELLE PAR LES DEUX BOUTS=: Individu qui dépense sans

compter, qui jette son argent par les fenêtres.

—Tu _brûles la chandelle par les deux bouts_ (Argot du peuple). _N._

=BUSTINGUE=: Garni.

Il en existe un célèbre dans la rue de Flandre, à la Villette. C’est

là que descendent les saltimbanques et les phénomènes qui viennent se

faire engager.

On nomme _bustingue_ tous les garnis où logent les _ambulants_ (Argot

des voleurs).

C

=ÇA NE VA QUE D’UNE FESSE=: Chose qui va mal.

Besogne accomplie avec répugnance.

Dictionnaire d'argot fin-de-siècle · 第 151 / 165 题