Synonyme de _rester en panne_ (Argot des voleurs). _N._

=PAVE= (On): Rue dans laquelle on ne peut passer à cause d’un

créancier (Argot du peuple).

=PAYER UN HOMME= (Se): Moyen que possèdent toutes les femmes sans

débourser d’argent.

Cette expression est généralement employée par les femmes à caprices.

—Elle se _paye autant d’hommes_ qu’elle change de chemises (Argot des

filles). _N._

=PEAU COURTE= (Avoir la): Accident qui arrive à ceux qui mangent trop

de haricots.

Mot à mot: _péter_ (Argot du peuple).

=PEAU DE LAPIN=: Nom donné aux ouvrières cartonnières:

—Jamais mes _peaux de lapins ne turbinent_ le lundi (Argot du peuple).

_N._

=PÉDÉRASTE=: Ce mot est trop connu pour avoir besoin de l’expliquer

autrement que par ceci: homme qui commet volontairement des erreurs de

grammaire et met au masculin ce qui devrait être au féminin (Argot du

peuple).

=PÉGOCE=: Pou.

On dit aussi _gau_.

_Abasourdir des gaux_: tuer les poux qui _morganent_ sur son cuir

(Argot des voleurs).

=PÈGRES=: Voleurs.

Les _pègres_ forment deux catégories: la _haute_ et la _basse pègre_

(Argot des voleurs).

=PÉGRIOT=: Petit voleur.

Diminutif de _pègre_.

Le _pégriot_ est d’une très grande utilité pour les _ratiboiseurs de

boutanches_, qui pratiquent le vol au _radin_ (Argot des voleurs).

=PEIGNER UN DIABLE QUI N’A PAS DE CHEVEUX=: Réponse d’un débiteur

malheureux à un créancier obstiné (Argot du peuple).

=PEIGNE-CUL=: Homme vil, bas, flatteur.

Mot à mot: homme de rien.

Terme de profond mépris, en usage dans les ateliers, pour qualifier un

ouvrier qui donne toujours raison au patron (Argot du peuple).

=PÉLAGO=: La prison de Sainte-Pélagie.

Cette expression est une défiguration du mot _Pélagie_ par l’emploi du

suffixe go.

Ce fait se produit souvent en argot (Argot des voleurs).

=PÉLO=: Sou.

—Je suis dans une _dèche carabinée_, depuis une semaine je n’ai pas

louché un _pélo_ (Argot du peuple).

=PELOTER LE CARME=: On sait que les changeurs, pour attirer les

regards, placent dans leurs vitrines des sébiles remplies d’or;

les pauvres diables s’arrêtent à contempler ces richesses comme le

savoyard mange son pain à l’odeur des cuisines du Café Anglais.

Ils _pelotent le carme_... moralement (Argot du peuple).

=PELURE=: Paletot ou veston.

—_J’enquille_ ma _pelure_ à manger le rôti (Argot du peuple).

=PENDARDS=: Seins qui pendent comme de vieilles vessies.

Cette expression est attribuée à Talleyrand.

Il assistait à la toilette d’une grande dame. Il regardait une femme

de chambre lui lacer son corset; elle lui dit en minaudant:

—Vous regardez mes petits coquins?

—Vous pourriez dire vos grands _pendards_ (Argot du peuple).

=PENDU= (Se payer un): On sait que les brocanteurs _pendent_ à leur

étalage les vêtements qu’ils ont à vendre.

Ils passent les manches dans un bâton, ce qui donne l’aspect des bras.

Vu d’un peu loin, on jurerait un _pendu_.

Se _payer un pendu_, c’est acheter ce vêtement (Argot du peuple).

=PENDU GLACÉ=: Le candélabre en forme de potence qui supporte le bec

de gaz.

Les voleurs n’aiment pas beaucoup ces _pendus_-là.

—J’ai été _paumé_ pour avoir _barbotté_ un _pante_, sans ce chameau de

_pendu glacé_, je me _cavalais_ à la _frime_ du _sergot_ (Argot des

voleurs). _N._

=PENDULARD=: Voleur de pendules.

Les Allemands, en 1870, nous ont donné un joli échantillon de leur

savoir faire dans ce genre de vol.

Ce sont les _bonjouriers_ qui pratiquent ce vol, principalement dans

les loges de concierges (Argot des voleurs). _N._

=PENDULE À PLUMES=: Le coq qui chante chaque matin à heures fixes.

On dit également _réveil-matin_.

C’en est un très économique qui n’a pas besoin d’être remonté et qui a

l’avantage de pouvoir être mangé quand il a cessé de plaire (Argot du

peuple).

=PÉNICHES=: Souliers, lorsqu’ils sont d’une dimension démesurée (Argot

du peuple).

=PÉ-PÈTES=: Sous.

—Ça commence à être rudement rasant, pas un _pé-pète_ à la clé (Argot

du peuple).

=PÉPIN=: Avoir un _pépin_, aimer quelqu’un.

Se dit aussi à la poule qui se joue au billard. Quand un joueur a

derrière lui un adversaire maladroit, il est protégé par un _pépin_,

il est couvert.

_Pépin_, par le même motif, signifie parapluie (Argot du peuple). _N._

=PERCHER=: Loger au hasard, tantôt ici, tantôt là.

Allusion à l’oiseau qui _perche_ tantôt sur une branche tantôt sur une

autre (Argot du peuple).

=PERDRE SES BAS=: Oublier.

—Tu _perds_ donc _tes bas_, que tu manques au rendez-vous que tu m’as

donné?

—Prêtez-moi mille francs.

—Vous _perdez_ donc _vos bas_, mon vieux?

Ici le sens est ironique.

On dit aussi:

—Tu _fais dans tes bas_.

Pour: Tu te moques de moi (Argot du peuple).

=PÈRE PEINARD (En)=: Y aller doucement, sans se presser, sans se faire

de bile.

Les agents arrivent en _Père Peinard_ pour surprendre un voleur en

flagrant délit (Argot du peuple). _N._

=PERLOT=: Tabac—dérivé de _semper_. _L. L._

_Semper_ s’écrit _Saint-Père_ dans toutes les prisons.

À la _centrousse_ de Melun, on chante depuis des années:

Pour du tabac, disait un pègre,

Et pour trois pouces de _Saint-Père_.

(Argot des voleurs).

=PERSIL=: Faire le _persil_, aller au _persil_: raccrocher.

On n’est pas fixé sur l’origine et la valeur de cette expression.

Francisque Michel la fait venir de _pesciller_; Delvau dit qu’elle

a pour motif que les filles raccrochent dans les terrains vagues où

pousse le _persil_; le peuple, qui ne connaît ni l’un ni l’autre,

applique cette expression aussi bien aux filles de la rue qu’à celles

du boulevard, parce que la fille trotte dans la boue et qu’elle a les

pieds sales; or, depuis plus de cinquante ans, on dit d’une fille qui

a les pieds malpropres:

—Elle a du _persil dans les pieds_; de là: faire son _persil_ (Argot

des souteneurs).

=PERROQUET=: Absinthe.

Allusion à la couleur verte de la liqueur, qui ressemble à celle du

perroquet (Argot du peuple). =V.= _Poileuse_.

=PERRUQUE=: Vieille _perruque_, vieux serin, homme qui n’est pas

_fin-de-siècle_.

_Perruque_ (En faire une): Vendre des matériaux qui appartiennent à

autrui (Argot des entrepreneurs).

=PESCILLER D’ESBROUFFE=: Prendre d’autorité.

Le voleur à l’_esbrouffe pescille_ de cette façon le portefeuille

ou le porte-monnaie du bourgeois (Argot des voleurs). =V.= _Vol à

l’esbrouffe_.

=PESSIGNER= ou =PESSIGUER=: Ouvrir.

—J’ai une _carouble_ qui _pessigne_ toutes les _lourdes_ sans

_fric-frac_ (Argot des voleurs).

=PESTAILLES=: Agents de la sûreté ou sergents de ville.

Pour les voleurs, ce sont des _pestes_; ils ont ajouté la finale de

_railles_, l’ancien mot, et n’en ont fait qu’un (Argot des voleurs).

_N._

=PET=: Signal convenu pour prévenir ses complices qu’il y a du danger.

—_Pet, pet_, v’là les _pestailles_.

On dit également:

—Au bastringue du Pou Volant, il y aura du _pet_ ce soir (Argot des

voleurs).

=PET À VINGT ONGLES=: Enfant nouveau-né (Argot du peuple).

PÉTARD: Sou.

C’est une corruption du mot _patard_, expression employée par

François Villon.

En Suisse, il y a des siècles, _patard_ était une monnaie

divisionnaire; en terme de mépris, on disait: _un patard de vache_

(Argot du peuple). _N._

=PÉTARD=: Le derrière.

—Crois-tu qu’elle est bien en viande? Quel riche _pétard_! On en

mangerait une tranche.

L’allusion se devine; souvent il tire des feux d’artifice (Argot du

peuple). _N._

=PÉTARDIER=, =PÉTARDIÈRE=: Faire du tapage, du bruit.

—Ah! tu sais, il ne faut pas l’emmener quand il a le _nez sale_, c’est

un _pétardier_ (Argot du peuple).

=PÉTASE=: Chapeau ridicule comme en portent les paysans les jours de

fête.

Ce chapeau se transmet de père en fils, tant pis si la tête est plus

ou moins forte.

Il en est qui datent du siècle dernier (Argot du peuple).

=PÉTASSE=: Vieille femme avachie qui perd ses _vestiges_ en marchant.

Putain et soularde (Argot des souteneurs).

=PÈTE-SEC= (Monsieur): Individu qui ne rit jamais et paraît toujours

en colère.

Surnom donné au régiment aux officiers dont la rigueur est proverbiale

(Argot du peuple).

=PÉTER=: Se plaindre.

—Ah! mon vieil _aminche_, comme ta _frime_ est _toquarde_, tu as les

_douilles savonnées_, d’où que tu sors?

—De la _boîte aux cailloux_. À cause d’un mec qui a _pété_ au

_moissonneur_, j’ai passé à la _planche à pain_.

_Péter_, mot à mot: faire du _pet_, se _plaindre à la justice_ (Argot

des voleurs). _N._

=PÉTER LA SOUS-VENTRIÈRE= (S’en faire): Terme ironique employé pour

dire à quelqu’un qui vous fait une demande saugrenue:

—Tu t’en _ferais péter la sous-ventrière_.

Synonyme de: _Tu n’en voudrais pas_.

Avoir mangé à s’en _faire péter la sous-ventrière_ (Argot du peuple).

_N._

=PÉTER PLUS HAUT QUE LE CUL=: Faire de l’embarras, de l’esbroufe,

vouloir prouver que l’on est riche lorsque l’on n’a pas le sou.

Homme ou femme qui s’habille élégamment en se privant sur la

nourriture:

—Ils veulent _péter plus haut qu’ils n’ont le cul_.

C’est le cas des filles de boutique et des commis de magasins.

Dans le peuple, par ironie, on les appelle:

Dictionnaire d'argot fin-de-siècle · 第 112 / 165 题