=GRELOT=: La voix (Argot du peuple). =V.= _Affaler son grelot_.
=GRENADIER=: Pou énorme.
Allusion à l’expression populaire qui dit d’un enfant pouilleux: il a
une rude garnison.
_Grenadier_: pou d’élite (Argot du peuple).
=GRENAFE=: Grange.
Les mendiants qui voyagent couchent dans les _grenafes_.
Cela vient de ce que la grange abrite les _grenailles_ (Argot des
voleurs).
=GRENOUILLE=: Femme de rien (Argot du peuple).
=GRIACHES=: Seaux qui étaient dans les cellules des prisonniers et
dans lesquels ils faisaient leurs ordures.
Ce terme était employé dans les prisons vers 1790; on le trouve dans
un rapport sur la Conciergerie, adressé au roi, qui voulait détruire
l’horrible infection qui empoisonnait les malheureux (Argot des
prisons).
=GRIB’LOGE=: Individu qui se plaint lorsqu’il est battu (Argot des
voleurs).
=GRILLÉ=: Une affaire est _grillée_ quand on n’en peut plus rien tirer.
Un agent est _grillé_ quand il est démasqué par ceux qu’il est chargé
de poursuivre (Argot des voleurs). =V.= _Brûlé_.
=GRILLE= (Jeter de la): Arrêter un individu au nom de la loi.
—Il n’y a pas de _grille_ (il n’y a pas de danger) (Argot du peuple).
=GRILLEUSES DE BLANC=: Les repasseuses sont souvent distraites par les
passants qui admirent leurs bras blancs; alors, si le fer est trop
chaud, tant pis pour la chemise elle est _grillée_ (Argot du peuple).
=GRIMPANT=: Pantalon (Argot du peuple). =V.= _Falzar_.
=GRINCHE=: Voler (Argot des voleurs).
=GRINCHISSEUR=: Voleur (Argot des voleurs).
=GRINCHISSEUSE À LA MITAINE=: Voler avec les pieds.
La voleuse laisse tomber un objet qu’elle cache prestement dans son
soulier sans empeigne (Argot des voleurs).
=GRINGALE=: Pain (Argot des voleurs). =V.= _Bricheton_.
=GRINGALET=: Mièvre, malingre, enfant pas réussi (Argot du peuple).
=V.= _Avorton_.
=GRIPPARD= et non _Griffard_: Chat (Argot du peuple). =V.= _Greffier_.
=GRIPPE-SAUCISSES=: Apprenti qui va chercher le déjeuner des ouvriers
et qui en chemin égratigne un petit morceau de chaque saucisse (Argot
du peuple). _N._
=GRIPPE-SOUS=: Avare qui pousse sa passion jusqu’à se relever la
nuit pour mettre un bouchon dans la douille de son soufflet pour en
économiser le vent (Argot du peuple). _N._
=CRIS COMME UN CORDELIER=: Saoul à n’en plus pouvoir, incapable de
retrouver sa maison et être obligé de s’asseoir sur une borne pour
attendre qu’elle passe.
_Gris_, allusion à la couleur de la robe de ces religieux (Argot du
peuple).
=GRISAILLE=: Sœur de charité (Argot des voleurs). =V.= _Pampine_.
=GRISETTE=: Jeune fille, ouvrière plumassière, fleuriste, modiste ou
polisseuse qui fit la joie de nos pères et le désespoir des leurs.
Depuis qu’elle a passé les ponts, ce n’est plus qu’une vulgaire
cocotte.
Type charmant, _grisette_ sémillante,
Au frais minois, sous un piquant bonnet
Où donc es-tu, gentille étudiante
Reine sans fard de nos bals sans apprêts.
Ainsi s’exprime la chanson en vogue autrefois au quartier latin (Argot
du peuple).
=GRIVIER=: Soldat de la ligne (Argot du peuple). =V.= _Lignard_.
=GROSSE CULOTTE=: Ivrogne, beau parleur. _L. L._
_Grosse culotte_ est encore en usage dans les ateliers de forgerons.
C’est une expression connue. Chez les compagnons forgerons depuis la
création du compagnonnage, on l’applique à l’ouvrier le plus habile de
la partie, à celui qui était appelé à finir les grosses pièces avant
l’invention des marteaux pilons.
Deux d’entre eux furent célèbres, on s’en souvient, encore dans les
ateliers; ils se nommaient Dany et Pierre Virmaitre, dit _Bourguignon_.
_Grosse culotte_ est toujours un terme consacré (Argot des ouvriers).
_N._
=GROSSES LÉGUMES=: Gens millionnaires, magistrats élevés, généraux,
etc.
Quand, sous la Commune, un voyou demandait à être nommé général, à
entrer dans les _grosses légumes_, il donnait pour raison qu’une de
plus ou de moins dans le tas ça ne paraîtrait pas (Argot du peuple).
_N._
=GROSSES LÈVRES=: La tinette.