=BASSIN=: Insipide, ennuyeux (Argot du peuple). =V.= _Bassinoire_.
=BASSINOIRE=: Individu qui répète cent fois la même chose pour ne rien
dire (Argot du peuple).
=BATACLAN=: Outils de malfaiteurs (Argot des voleurs). =V.=
_Agobilles_.
=BATACLAN=: Mobilier.
Les jours de terme les ouvriers disent:
—Nous déménageons le _bataclan_, ou bien: nous enlevons le
_Saint-Frusquin_ (Argot du peuple).
=BATAILLE DES JÉSUITES=: Habitudes de masturbation.
Dans les ateliers, quand un apprenti reste trop longtemps au cabinet,
un ouvrier dit à un autre apprenti:
—Vas donc voir s’il ne se fait pas _sauter la cervelle_.
L’allusion est transparente (Argot du peuple).
=BATH AU PIEU=: Femme qui a des qualités extraordinaires au lit
(_pieu_).
Terme employé par les passionnés qui, généralement, s’y connaissent
(Argot des souteneurs).
=BATH AUX POMMES=: Tout ce qu’il y a de mieux, le _nec plus ultra_ en
toutes choses (Argot du peuple).
=BATIF= ou =BATIVE=: Beau tout ce qu’il y a d’admirable, de supérieur,
de merveilleux.
—J’ai un homme, y en a pas de pareil, il est _bath_ (Argot des filles).
=BÂTIR SUR LE DEVANT=: Être enceinte.
—L’allusion est facile à saisir (Argot du peuple). =V.= _Avaler le
pépin_.
=BÂTON=: Juge de paix (Argot des voleurs). _N._
=BATOUSE=: Toile neuve, de _batousier_ (tisserand):
—J’ai une _rouillarde_ en _batouse_ toute _battante_ (neuve) (Argot
des voleurs). =V.= _Rouillarde_.
=BATOUSIER=: Voleur de toile ou de linge que les blanchisseurs de la
campagne font sécher dans les prairies ou sur les haies (Argot des
voleurs).
=BATTAGE=: Se moquer de quelqu’un, dire ce que l’on ne pense pas.
—C’est du _battage_ il n’est pas plus malade que moi (Argot du peuple).
=BATTANT=: Le cœur (Argot des voleurs). =V.= _Grand ressort_.
=BATTANT=: L’estomac.
—J’ai le ventre creux, rien a me coller dans le _battant_ (Argot du
peuple).
=BATTANT=, =BATTANTE=: Chose neuve.
On dit dans le peuple à tout bout de champ:
—Elle est _battante_, _neuve_. C’est un double emploi (Argot du
peuple). _N._
=BATTANCOURT=: Soulier (Argot des voleurs). =V.= _Ripatons_.
=BATTANDIER=: Mendier (Argot des voleurs). =V.= _Aller à la chasse
avec un fusil de toile_.
=BATTOIRS=: Les mains, allusion au bruit que font les blanchisseuses
avec leur _battoir_; quand les _claqueurs_ applaudissent trop
bruyamment, les voyous logés au poulailler crient: Remisez donc vos
battoirs (Argot du peuple).
=BATTRE UNE BASANE=: Geste familier aux gamins qui se frappent la
cuisse du revers de la main droite.
Ce geste veux dire: Merde (Argot du peuple).
=BATTRE LE BRIQUET=: Frotter en marchant les deux jambes de son
pantalon l’une contre l’autre (Argot du peuple).
=BATTRE LA COUVERTURE=: Ne savoir que faire et rester couché toute la
journée (Argot des troupiers).
=BATTRE LE JOB=: =V.= _Battre comtois_.
=BATTRE COMTOIS=: Un compère _bat comtois_ en demandant un gant devant
une baraque de lutteur.
Les spectateurs le prennent pour un adversaire sérieux; dans l’arène
il se laisse _tomber_.
Un accusé _bat comtois_ en feignant de ne pas comprendre les questions
du juge d’instruction.
Une femme _bat comtois_ lorsqu’elle vient de coucher avec son amant et
qu’elle jure à son mari en rentrant qu’elle lui est fidèle (Argot du
peuple).
=BATTRE ENTIFFE=: Faire le niais, l’imbécile.
—Tu _battras entiffe_ quand le _quart_ te demandera comment tu as
_rousti_ la _tocante_ à ta _dabe_ (Argot des voleurs).
=BATTRE LA SEMELLE=: Dans les grands froids les troupiers _battent
la semelle_ pour se réchauffer les pieds, soit qu’ils frappent sur
le sol, soit qu’ils frappent en cadence _semelles_ contre _semelles_
(Argot des troupiers).
=BATTRE LA SEMELLE=: Arpenter le trottoir, faire les cent pas en
attendant quelqu’un (Argot du peuple).
=BATTRE LA SEMELLE=: Se dit d’une femme sans homme qui, à l’instar de
certain photographe, opère elle même.
Elle _bat la semelle_ mais ne frappe pas aussi fort que le cordonnier
sur son pavé (Argot du peuple). _N._
=BATTRE DE LA FAUSSE MONNAIE=: Battre sa femme (Argot du peuple). _N._
=BATTRE UN DIG-DIG=: Simuler une fausse attaque d’épilepsie sur la
voie publique.
L’homme qui pratique ce truc pour donner à l’attaque simulée
l’apparence de la vérité, se met préalablement dans la bouche un
morceau de savon. En le mâchonnant le savon mousse et lui amène
l’écume aux lèvres comme si l’attaque était naturelle.
Les _batteurs de dig-dig_ font souvent de fortes recettes (Argot des
voleurs).
=BAUCE= ou =BAUSSE=: Patron. Dans toutes les chapelleries de France on
emploie ce terme (Argot des chapeliers).
=BAVASSER=: Personnage qui ne sait ce qu’il dit, qui _bavasse_ à tort
et à travers.