AVIS DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE ET DE LA POLICE.

Amsterdam, 17 juin 1810.

«Comme tous les efforts mis en oeuvre pour découvrir celui ou ceux

qui se sont rendus coupables d'une grave insulte faite, d'après la

communication officielle de la légation française, à un des

domestiques en livrée de Son Excellence l'ambassadeur, dans les

environs de l'église neuve, le 13 mai de cette année, vers les deux

heures après-midi, ont été jusqu'ici entièrement infructueux, et

qu'il est hors de doute que toutes insultes commises envers des

personnes appartenant à des missions étrangères sont d'autant plus

coupables que, non seulement elles peuvent compromettre comme toutes

les autres le repos public de l'endroit où elles se commettent, mais

qu'elles pourraient être aussi considérées comme (lésives) pour la

puissance à la légation de laquelle ces personnes appartiennent, et

avoir encore par là les suites les plus désagréables;

«À ces causes, le ministre de la justice et de la police, à ce

spécialement autorisé par le roi, offre une récompense de mille

ducatons à celui qui fera connaître l'auteur ou les auteurs du fait

susdit, de manière qu'ils soient remis entre les mains de la justice

et convaincus du délit, le nom du délateur pouvant rester secret, au

cas que celui-ci le désire.

«Le ministre susdit fait connaître en sus, par ordre exprès du roi,

le grand mécontentement et indignation de Sa Majesté de ce qui a eu

lieu, sentiments d'autant plus profonds, qu'elle attache un plus

grand prix à l'amitié et à la bienveillance de son auguste frère, et

par conséquent à prévenir tout ce qui pourrait être désagréable à Sa

Majesté impériale et royale. Le ministre saisit en même temps cette

occasion pour avertir et exhorter un chacun de s'abstenir

particulièrement de faire, soit par des paroles soit par des voies

de fait, la moindre chose qui pourrait être lésive à quelque

personne ou personnes appartenant à des missions étrangères, sous

peine d'être puni, selon l'exigence du cas d'après toute la sévérité

des lois.»

_Le ministre de la justice et de la police_,

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 304 / 358 题