Paris, 8 juin 1810.
«Votre Majesté trouvera ci-joint sous le nº 1 une lettre du maréchal
duc de Reggio, du 1er juin, où il rend compte que les lignes qui
environnent Amsterdam sont pourvues de grosse artillerie avec les
munitions et les canonniers nécessaires tandis que les côtes ne sont
point armées sous prétexte que toute l'artillerie est au pouvoir des
Français. Il paraît qu'on n'a pas abandonné les anciens projets de
défense et que si nos troupes voulaient entrer à Amsterdam il
pourrait y avoir quelque soulèvement. Le duc de Reggio annonce aussi
l'arrestation faite sur la côte de deux individus venant
d'Angleterre dont il m'a envoyé l'interrogatoire; je l'ai fait
passer au ministre de la police générale.
«Sous le nº 2 est une seconde lettre du duc de Reggio, du 2 juin,
dans laquelle il donne des détails sur l'émeute qui a eu lieu à
Rotterdam le 23 mai. Il paraît qu'elle a été préméditée et qu'elle
pourrait facilement se renouveler si quelque circonstance y donnait
lieu. Votre Majesté remarquera ce que mande le duc de Reggio au
sujet de la gendarmerie et le grand besoin qu'il en aurait. Il
sollicite fortement à cette occasion l'avancement du capitaine de
gendarmerie Linas qui est auprès de lui.
«Enfin, sous le nº 3, Votre Majesté trouvera un rapport et résumé
général de la reconnaissance militaire des côtes du département
d'Amsterland et de partie de celles de Zélande, faite par le
capitaine Daupias, adjoint à l'état-major général, avec une analyse
des observations qu'il a faites sur ces pays-là. Cette pièce mérite
attention par l'importance des objets qu'elle traite et je supplie
Votre Majesté de vouloir bien en prendre lecture d'autant plus
qu'elle est peu susceptible d'analyse.»