J'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté une lettre du duc de
Reggio, datée de Breda, le 28 janvier. Il rend compte qu'à
Berg-op-Zoom comme à Breda, la prise de possession des magasins
d'artillerie, du génie et des subsistances a eu lieu le 27, comme
il l'avait annoncé. Les gouverneurs de ces places ont persisté dans
leur opposition jusqu'au dernier moment; ils n'ont cédé qu'à la
force. Ils ont ensuite refusé tous deux de remplir aucune fonction
et attendent une nouvelle destination de la part de leur souverain.
Le duc de Reggio demande maintenant des instructions positives,
relativement aux autorités du pays et aux habitants; le décret que
je lui ai envoyé le 28 lèvera les obstacles qu'il craint de
rencontrer de leur part.
Le maréchal fait observer que les bataillons de gardes nationales
qui font sa principale force sont diminués par la désertion et fort
éloignés de l'instruction et de la discipline que la circonstance
exigerait. En outre, ils sont presque nus, ce qui contribue à les
décourager. Les démarches faites à ce sujet au ministre directeur
n'ont pas même obtenu de réponse. Le duc de Reggio insiste avec
force sur la nécessité d'apporter un prompt remède à cet état de
choses, dont la fâcheuse influence ne saurait échapper à la sagesse
de Votre Majesté.
Une autre lettre du même, en date du 26, rend compte de la désertion
qui a eu lieu à Namur dans les bataillons de la Meurthe et de la
Moselle, dont il a été déjà rendu compte à Votre Majesté. Le
maréchal ajoute que le départ pour Lille de la majeure partie des
officiers a désorganisé ces bataillons, et qu'on doit peu compter
sur eux dans une circonstance difficile.