Paris, 20 janvier.
Monsieur le maréchal, j'ai mis sous les yeux de l'empereur la lettre
que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 16 courant,
et Sa Majesté m'a chargé de vous témoigner qu'elle n'était pas
satisfaite d'apprendre que vous eussiez fait revenir sur territoire
français les troupes que vous aviez envoyées à Bréda et à
Berg-op-Zoom. L'empereur me charge, à cette occasion, de vous
réitérer les observations que je vous ai faites, par ma lettre du
11, sur les mesures que vous aviez prises, relativement à ces deux
places. Sa Majesté pense que Votre Excellence aurait dû commencer
par y faire entrer ses troupes et en prendre possession après;
c'était la meilleure manière de parvenir à votre but. Quant aux
moyens à employer pour réussir, Votre Excellence doit comprendre que
c'est au général en chef, qui est sur les lieux, à faire les
dispositions convenables pour bien remplir les vues du gouvernement,
et qu'on ne peut lui prescrire des mesures de détail qu'il est dans
ses attributions de combiner et de faire exécuter de la manière la
plus propre à en assurer le succès.
Relativement aux gardes nationales, je vois, par la lettre de Votre
Excellence, qu'elle n'a fait revenir que la division Gouvion, et que
deux bataillons ont été placés à Malines et à Bruxelles. L'intention
de l'empereur est que Votre Excellence dispose de toutes les gardes
nationales de l'armée du Nord, même de celles qui sont à Bruxelles,
pour les placer en entier sur le territoire hollandais, où vous
devez aussi porter votre quartier général. Vous voudrez donc bien
donner vos ordres en conséquence, et vous occuper de remplir avec
activité les intentions de l'empereur. Votre Excellence verra,
d'ailleurs, que ces dispositions ne changent rien aux mesures
prescrites par ma lettre du 18, dont je vous confirme le contenu en
son entier, en vous invitant à ne rien négliger pour en assurer
l'exécution.