... Le roi m'a paru peiné d'avoir appris que l'empereur croyait que
les communications de la Hollande avec l'Angleterre étaient
rétablies. Il me dit que faisant autant, il était fâché de voir la
même opinion subsister encore. Il me fit ensuite l'honneur de
m'annoncer que S. M. impériale et royale n'ayant pas répondu à son
projet d'exportation, elle regardait ce silence comme une
approbation et donnait des ordres en conséquence.--Je dois avoir
l'honneur d'affirmer à Votre Excellence que, quoique j'exerce la
plus grande surveillance sur ce qui se passe dans les ports de la
Hollande, je ne me suis aperçu d'aucune entrée de bâtiments chargés
de marchandises prohibées; que certainement il se fait quelque
contrebande surtout par la Frise et Helgoland, mais que cette
introduction est si peu considérable que tous les articles défendus
n'éprouvent aucune baisse à la bourse. Enfin je ne puis que répéter
la satisfaction que j'ai éprouvée de trouver le roi dans de bonnes
dispositions et de m'être aperçu que Sa Majesté paraissait sentir
que les choses n'avaient pas été jusqu'à présent comme nous avions
lieu de le désirer et qu'il était dans l'intention de changer ce qui
pouvait avoir déplu à l'empereur. Il est possible que je me flatte
et que cette bonne direction ne soit pas de longue durée. J'espère
le contraire et ferai mon possible pour entretenir le roi dans cette
nouvelle marche.--Votre Excellence aura vu, dans les papiers
anglais, la défense de laisser en Angleterre les beurres, les
fromages et les genièvres venant de Hollande. Ceci me paraîtrait
prouver que les mesures contre l'introduction des marchandises
anglaises sont bien exécutées dans ce pays-ci.