30 mars.

... Le roi m'a paru peiné d'avoir appris que l'empereur croyait que

les communications de la Hollande avec l'Angleterre étaient

rétablies. Il me dit que faisant autant, il était fâché de voir la

même opinion subsister encore. Il me fit ensuite l'honneur de

m'annoncer que S. M. impériale et royale n'ayant pas répondu à son

projet d'exportation, elle regardait ce silence comme une

approbation et donnait des ordres en conséquence.--Je dois avoir

l'honneur d'affirmer à Votre Excellence que, quoique j'exerce la

plus grande surveillance sur ce qui se passe dans les ports de la

Hollande, je ne me suis aperçu d'aucune entrée de bâtiments chargés

de marchandises prohibées; que certainement il se fait quelque

contrebande surtout par la Frise et Helgoland, mais que cette

introduction est si peu considérable que tous les articles défendus

n'éprouvent aucune baisse à la bourse. Enfin je ne puis que répéter

la satisfaction que j'ai éprouvée de trouver le roi dans de bonnes

dispositions et de m'être aperçu que Sa Majesté paraissait sentir

que les choses n'avaient pas été jusqu'à présent comme nous avions

lieu de le désirer et qu'il était dans l'intention de changer ce qui

pouvait avoir déplu à l'empereur. Il est possible que je me flatte

et que cette bonne direction ne soit pas de longue durée. J'espère

le contraire et ferai mon possible pour entretenir le roi dans cette

nouvelle marche.--Votre Excellence aura vu, dans les papiers

anglais, la défense de laisser en Angleterre les beurres, les

fromages et les genièvres venant de Hollande. Ceci me paraîtrait

prouver que les mesures contre l'introduction des marchandises

anglaises sont bien exécutées dans ce pays-ci.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 233 / 358 题