DE LAROCHEFOUCAULD AU DUC DE CADORE.

Amsterdam, 23 janvier 1809.

Monsieur, j'ai l'honneur d'accuser réception à V. Excellence de la

lettre par laquelle elle m'enjoint de notifier à la cour de Hollande

l'intention de S. M. impériale et royale que le roi son auguste

frère imite son exemple en ne recevant pas, de la cour de Rome, les

cierges bénits qu'elle est dans l'usage d'envoyer aux différentes

cours catholiques.

J'ai exécuté à cet égard les ordres de V. Excellence, et j'aurai

l'honneur de lui transmettre la réponse que je recevrai du

gouvernement hollandais.

Le 13 février, le ministre de Hollande prévient le ministre de

France que le roi ne recevrait pas les cierges bénits, se plaint de

la froideur polie du roi à son égard et ajoute:

Il est vrai qu'ignorant les intentions de l'empereur j'ai cru devoir

me mettre en mesure d'exécuter tels ordres qu'il plairait à ma cour

de me donner; j'ai donc désabusé le commerce et presque la totalité

des Hollandais de la fausse idée que l'empereur était la cause de

leurs malheurs et voulait leur ruine.

J'ai séparé ce que l'on devait attribuer à la force des événements

de ce qui tenait à la conduite blâmable du gouvernement hollandais;

j'ai assuré que la multiplicité des décrets dont on se plaignait

n'était pas ordonnée par l'empereur, comme on cherchait à le faire

croire; enfin j'ai prouvé à la saine partie de la nation que son

véritable intérêt était d'être attachée à mon souverain, la Hollande

ne pouvant attendre de salut que des bontés de l'empereur. Je crois

pouvoir assurer à V. Excellence que j'ai pleinement réussi.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 224 / 358 题