Paris, 9 juillet.
Monsieur l'ambassadeur, j'ai reçu vos deux dépêches numérotées 13 et
14. Il m'en est parvenu d'autres qui sont encore dans le
portefeuille de S. Majesté et auxquelles je répondrai plus tard.
Je dois aujourd'hui vous recommander, d'après les ordres de
l'empereur, de ne point perdre de vue les instructions qui vous ont
été données et de veiller avec un soin constant à l'exécution des
mesures du blocus. Vous ne cesserez de faire sentir au gouvernement
hollandais, au roi même, quand vous en trouverez l'occasion, combien
il importe de ne laisser à l'Angleterre aucun débouché pour ses
marchandises sur le continent. Il faut attaquer son commerce,
puisque son commerce est la source de ses revenus, puisque c'est là
qu'elle puise les moyens de prolonger la guerre. Toutes les
puissances de l'Europe se sont réunies dans le même but, et le
succès des mesures qu'elles ont prises ne peut être douteux, si
partout on les fait exécuter avec persévérance et sévérité.
S. M. impériale a été informée que des smoggleurs, sortant
journellement des ports de la Hollande, entretiennent des
communications avec les Anglais qu'ils instruisent de tout ce qui se
passe à Flessingue et dans l'Escaut. Vous appellerez l'attention du
gouvernement hollandais sur ces manoeuvres qui peuvent avoir des
conséquences dangereuses et qu'il importe de prévenir. Les
smoggleurs qui communiquent avec les Anglais doivent être considérés
et traités comme espions.
Il est un autre objet que S. Majesté recommande à vos soins, c'est
de faire en sorte que les Français de l'âge de la conscription qui
cherchent à se réfugier en Hollande ne puissent y être admis, et que
ceux qui y seront trouvés soient immédiatement anotés et remis aux
autorités françaises. Vous voudrez bien m'instruire du résultat des
démarches que vous aurez faites dans le terme des directions que je
suis chargé de vous transmettre.