Amsterdam, 9 juin.
D'après ce que j'apprends par MM. les consuls, il y a encore une
communication avec l'Angleterre, mais elle paraît peu considérable
et vient des petits ports qui ne sont pas surveillés. C'est
principalement par la Zélande que l'on suppose que les passagers
peuvent s'embarquer pour l'Angleterre et s'introduire en Hollande.
Il est certain que le comte de Bentinck a été arrêté au moment où il
s'embarquait à Cathvyck, et qu'il n'a été relâché que sur
l'exhibition d'un ordre du roi; il a fait un voyage en Angleterre et
en est revenu il y a deux jours. On dit qu'il était envoyé pour
faire un arrangement qui permît à une certaine quantité de bateaux
hollandais de pêcher le hareng. J'en ai parlé à M. Roëll qui m'a
assuré n'en être pas instruit. Ce M. de Bentinck doit, dit-on, être
grand écuyer.
Le ministre des affaires étrangères a envoyé hier et avant-hier la
circulaire à tous les Français au service de la Hollande, pour
connaître le parti décisif qu'ils voulaient prendre. Cette liste est
d'environ 500 personnes dont il paraît que la plus grande partie
réclamera les bontés de l'empereur pour rentrer au service du roi,
sans perdre leur qualité de Français. L'autorisation donnée par S.
Majesté pour la sortie des beurres et fromages n'a pas atteint son
but. Aucun négociant n'a voulu donner la caution exigée. J'ai
appris, de mon côté, aux maisons qui se sont adressées à moi que
j'ignorais absolument les motifs qui avaient décidé le roi à prendre
cette mesure. Il me semble que, par son effet, elle doit être
regardée comme nulle.