REINHARD AU DUC DE BASSANO.

Cologne, le 3 novembre 1813.

Le roi est arrivé à Cologne le 1er à quatre heures du soir; je l'ai

suivi de près. Hier sont arrivés les comtes de Höne, de Wolfradt, de

Marienrode, M. de Bongars, etc., qui avaient pris la route de

Paderborn. M. de Malartie, qui était avec eux, est arrivé ce matin.

Je viens de voir le roi après M. de Rumigny, auquel S. M. était très

impatiente de parler. Elle avait reçu hier une lettre de M. le duc

de Valmy, écrite au nom de S. M. impériale, et qui lui annonçait que

M. le duc de Tarente allait prendre le commandement des troupes sur

toute la ligne du Rhin depuis Mayence jusqu'à Wesel. Le roi m'a dit

qu'il attendrait certainement M. le maréchal à Cologne, mais informé

par M. de Rumigny que S. M. impériale partait pour Paris, il m'a

montré un grand désir de la suivre dès que M. le duc de Tarente

aurait pris le commandement. Ce sera une chose à concerter entre S.

M. et S. Exc.

Quant à la mission de M. de Rumigny, il n'est que trop douteux s'il

pourra la remplir dans toute son étendue. Le roi m'a dit que le

général Amey, réuni au général Lauberdière, a quitté Minden, que les

avant-postes et l'arrière-garde du général Rigaut ont déjà été

attaqués par les Russes à Lippstadt, j'ignore quel jour,

probablement le 31, et que le prince d'Eckmuhl ayant demandé à se

retirer sur le Rhin, l'ennemi lui a répondu qu'il fallait se rendre

prisonnier. M. de Rumigny écrit en ce moment à Votre Excellence,

chez moi. Il continuera ensuite sa route par Wesel. Les affaires de

la conscription avaient conduit M. le préfet de la Roer à Cologne.

Le roi l'a trouvé ici. Les lettres dont M. de Rumigny est porteur

pour lui lui ont été remises. Il les a lues en notre présence, et à

chaque paragraphe il a dit que c'était fait.

Le roi a congédié la plupart de ses gardes du corps qui l'avaient

suivi jusqu'à Cologne. Avant de quitter Cassel, il leur avait laissé

la liberté de le suivre ou de rester. Cependant en route, lorsqu'on

approchait du Rhin, plusieurs, même les officiers, avaient déserté.

Les Westphaliens qui restaient avaient demandé la permission de

retourner chez eux. Refusée d'abord, elle vient de leur être

accordée.

Le roi attend décidément M. le duc de Tarente à Cologne. Si, comme

on nous l'assure, l'ennemi est à Montabaur, il est à craindre que M.

le maréchal ne s'arrête à Coblentz.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 169 / 358 题