Cassel, le 18 octobre 1813.
Le roi a nommé le général Allix son lieutenant, parce qu'il ne croit
pas pouvoir se mettre en personne à la tête de 4,000 hommes. Il
regrette d'être revenu. Si l'ennemi marche de nouveau contre Cassel,
ou si les troupes qui sont ici ont ordre de marcher ailleurs, il se
retirera d'un pays mûri partout pour la révolte, et en attendant,
lorsque tout est désorganisé, lorsque le service de S. M. I. exige
qu'on ne s'occupe que de rassembler toutes les parties éparses pour
pourvoir aux besoins les plus urgents de l'armée, il ne médite que
des projets de vengeance! Ses premiers dignitaires sont arrêtés,
exilés pour n'avoir pas toujours porté l'ordre, pour n'avoir pas
suivi sa personne, etc. La commission nommée par Czernischeff,
composée des hommes les plus estimables, fonctionnaires du roi, se
dévouant à la circonstance, mais absolument incapables d'en sentir
les difficultés, et commettant des fautes graves de forme, qu'on
convertit en crimes de lèse-majesté, seront traduits à une
commission militaire; son intention, j'en suis persuadé, est de
faire grâce, mais il veut qu'ils soient condamnés à mort.
Ces pensées tout à fait étrangères au moment, qui exige d'autres
soins, l'absorbent lui et son lieutenant. M. Siméon voulait revenir,
c'est le roi qui n'a pas voulu, parce qu'il craignait d'en être
contrarié. Toutes les prisons sont pleines. La terreur règne, et le
seul excès criminel qui ait été commis l'a été par un étranger
portant en poche un brevet de duc.