Cassel, 14 avril 1813.
Sire, je viens d'apprendre l'arrivée de Votre Majesté à Mayence et
m'empresse d'envoyer auprès d'elle mon ministre des finances, il est
plus à même que personne de faire connaître à Votre Majesté notre
situation financière; elle est telle, Sire, que, depuis le 11,
toutes les ordonnances qui ne sont pas pour la solde et les
traitements ont été suspendues au trésor, et qu'à la fin du mois, je
dois opter entre le paiement de l'armée ou celui des fonctionnaires
publics. La suppression du paiement des ordonnances tirées par les
ministres a fait un tel mauvais effet que l'habillement et le
harnachement, la livraison des chevaux ont été totalement suspendus.
Je vous supplie, Sire, de ne point nous laisser tout à fait écrouler
et de nous envoyer quelques millions afin de nous soutenir; quel
chagrin pour moi, Sire, de me voir détruit par celui même qui m'a
créé!