Cassel, 2 janvier 1813.
Ce que la seconde dépêche me charge de faire connaître
particulièrement à la cour de Westphalie, je l'ai déjà fait entrer
dans une conversation provisoire que j'ai eue avec M. le comte de
Furstenstein au moment de son départ pour Catharinental. Ce ministre
m'a assuré qu'une économie sévère et beaucoup de retenue pendant
l'hiver et le carnaval entraient dans les plans du roi. Il est
certain, Monseigneur, que depuis l'éloignement de M.
Laflèche-Keudelstein qui vient de partir pour Paris par congé, comme
on dit, mais très probablement pour ne point revenir, on aperçoit
plus d'ordre et de sagesse dans l'administration et l'emploi des
fonds de la liste civile; et qu'en ce moment, la seule dépense
importante, d'une inutilité reconnue, consiste dans ce que fait le
roi pour embellir et pour agrandir l'habitation provisoire qu'il
occupe depuis l'incendie du château. Mais, ce sur quoi j'insisterai
beaucoup et que je présenterai comme un devoir indispensable à
remplir et comme un titre à acquérir à l'approbation de Sa Majesté
impériale, c'est l'armement et l'approvisionnement de la place de
Magdebourg, et, certes, il est impossible que le roi ne sente pas
que, dans les circonstances actuelles, il lui convient davantage de
construire un arsenal qu'un palais.