9 mars 1810.

Le mercredi des Cendres a commencé par un déjeuner splendide à la

cour, lequel a terminé à six heures du matin le bal masqué qui a

fait la clôture du carnaval. En remontant, il faudrait rendre compte

d'un bal masqué chez M. de Pappenheim, qui n'a pas eu lieu, parce

que la reine était incommodée; d'un bal masqué et paré chez M. le

général d'Albignac; d'un bal chez le ministre de Russie; d'un bal

masqué chez M. le comte de Bochholz. Il faudrait faire l'éloge d'un

quadrille chinois, d'un ballet des quatre parties du monde; d'un

superbe ballet, les Noces de Gamache, dans lesquels le roi et la

reine ont figuré. Il faudrait montrer la reine en vieille juive, en

sauvage américaine, en paysanne de la Forêt-Noire; le roi changeant

de dominos et de masques en véritable caméléon; les plus belles

dames de la cour déguisant leurs attraits sous l'accoutrement de

vieilles laides. Il faudrait faire mention de l'appétit merveilleux

des masques du Mardi-Gras et de la fureur avec laquelle ils ont

dévasté les buffets royaux; et en se réjouissant avec les marchands

qui ont vendu jusqu'à leurs fonds de boutique, il faudrait gémir en

même temps avec ceux qui, faisant leurs comptes en Carême,

s'aperçoivent avec effroi de ce que leur a coûté le carnaval.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 130 / 358 题