Le mercredi des Cendres a commencé par un déjeuner splendide à la
cour, lequel a terminé à six heures du matin le bal masqué qui a
fait la clôture du carnaval. En remontant, il faudrait rendre compte
d'un bal masqué chez M. de Pappenheim, qui n'a pas eu lieu, parce
que la reine était incommodée; d'un bal masqué et paré chez M. le
général d'Albignac; d'un bal chez le ministre de Russie; d'un bal
masqué chez M. le comte de Bochholz. Il faudrait faire l'éloge d'un
quadrille chinois, d'un ballet des quatre parties du monde; d'un
superbe ballet, les Noces de Gamache, dans lesquels le roi et la
reine ont figuré. Il faudrait montrer la reine en vieille juive, en
sauvage américaine, en paysanne de la Forêt-Noire; le roi changeant
de dominos et de masques en véritable caméléon; les plus belles
dames de la cour déguisant leurs attraits sous l'accoutrement de
vieilles laides. Il faudrait faire mention de l'appétit merveilleux
des masques du Mardi-Gras et de la fureur avec laquelle ils ont
dévasté les buffets royaux; et en se réjouissant avec les marchands
qui ont vendu jusqu'à leurs fonds de boutique, il faudrait gémir en
même temps avec ceux qui, faisant leurs comptes en Carême,
s'aperçoivent avec effroi de ce que leur a coûté le carnaval.