26 avril 1809.

Le samedi, 22 avril, le gouvernement fut averti que plusieurs

rassemblements de paysans se formaient sur les hauteurs de

Napoléonshoehe, ainsi qu'à Homberg, et dans divers autres villages

environnant Cassel. Le Roi envoya de suite quelques détachements de

sa garde pour dissiper ces attroupements et faire rentrer les

paysans dans le devoir, mais ceux-ci excités par quelques

malveillants, parmi lesquels on distinguait le sieur Doernberg,

colonel des chasseurs de la garde, qui s'était mis à leur tête, et

quelques autres personnes moins marquantes, refusèrent obstinément

d'obéir. On fut obligé de les y contraindre par la force; plusieurs

des insurgés furent tués, et un grand nombre amenés prisonniers à

Cassel. Le lundi 24, tout était entièrement disparu.

Il paraît que cette insurrection, préparée depuis longtemps par des

agents secrets de l'électeur, devait être générale; mais les mesures

promptes et vigoureuses prises par le gouvernement l'ont arrêtée

dans sa naissance. Les insurgés avaient peu de fusils, et n'étaient

armés, pour la plupart, que d'instruments aratoires. On les avait

entraînés par l'espoir du pillage et la menace d'incendier leurs

maisons s'ils refusaient de marcher. On s'était efforcé de leur

persuader que tout était disposé en Westphalie pour une révolution,

et qu'ils allaient être appuyés par des armées prêtes à entrer dans

le royaume; mais bientôt, revenus de leur égarement, ils se sont

empressés de rentrer dans leurs foyers et de reprendre leurs

travaux. Les rapports qui arrivent aujourd'hui des divers points où

l'insurrection avait éclaté annoncent que la tranquillité est

rétablie partout. Quelques-uns des principaux moteurs sont arrêtés;

et il paraît que S. M. aura la consolation de n'avoir qu'un petit

nombre de coupables à punir.

Les habitants de Cassel, loin de prendre aucune part à ces

désordres, ont saisi cette circonstance pour donner des preuves

particulières de leur dévouement à leur souverain; et toutes les

classes de citoyens ont sollicité la faveur de servir Sa Majesté, et

d'être employés à maintenir la tranquillité dans la ville, et à la

défendre si elle était attaquée.

Le soussigné, en adressant, d'après l'ordre du Roi, la présente

communication à Son Excellence M. Reinhard, envoyé extraordinaire et

ministre plénipotentiaire de France, saisit cette occasion pour lui

renouveler les assurances de sa haute considération.

Les Rois Frères de Napoléon Ier Documents inédits relatifs au premier Empire · 第 112 / 358 题