Cordoue, le 10 avril 1810.
Ma chère amie, je reçois tes lettres du 18, 19 et 21. Gaspard et M.
(nom illisible) sont arrivés depuis. Je n'ai rien à dire sur des
mesures qui te sont ordonnées par des médecins; mais M. Deslandes te
dira quelles sont mes idées sur tout ce que je possède en France. Tu
fais bien d'établir ta nièce avec le fils de M. Clément, puisqu'il
te convient et qu'il la demande. Tu feras bien de donner à Tascher,
Marcelle[24], ils se conviennent ainsi qu'à leurs parents. Mme
Salligny m'écrit; je t'ai écrit deux fois que je pensais qu'elle ne
devait pas te suivre à Madrid où elle ne serait pas convenablement,
nulles raisons véritables l'y appellent; elle est veuve, elle a une
fortune indépendante, elle a sa mère, je ne sais pas comment elle
pourrait se plaire à Madrid où ses relations la placeraient toujours
dans une fausse position. Je ne dois pas donc te dissimuler que ce
sont des dispositions inébranlables, ma position est déjà assez
difficile sans y ajouter d'autres embarras de tous les instants,
ainsi que ceux qui me viendraient d'elle[25].
[Note 24: Marcelle Clary, nièce de la reine Julie. Tascher
épousa la princesse de la Ligne.]
[Note 25: Joseph ne voulait pas que la reine Julie menât de
France des dames d'honneur, surcroît de dépenses, et ayant à
lui en donner à Madrid.]