Malaga, le 5 mars 1810.
Ma chère amie, je reçois ta lettre du 14 février dont était porteur
(_nom illisible_). Elle me confirme dans mon opinion que tu dois me
rejoindre le plus tôt possible avec mes enfants et avant le
commencement des chaleurs, donc le plus tôt que tu pourras. Dans le
cas où, malgré ta bonne santé, tu ne pourrais pas partir aussitôt
que je le désire et qu'il convient, j'espère que tu ne souffriras
pas que personne prenne ta place, le contre-coup en serait trop
sensible et préjudiciable ici. Cette nation, qui aujourd'hui
m'accueille avec un enthousiasme que tu ne conçois pas, est
tellement fière qu'elle serait humiliée si nous ne restions pas à
notre place, sois plutôt malade et évite toute occasion; mais
mieux.............. que toute cette scène d'étiquette commence.
Porte avec toi tout ce que nous possédons à Paris réalisé en effets
sur l'étranger; tout papier sûr est bon pour nous, qu'il soit à
quelle échéance qu'il soit, n'importe sur quelle place de l'Europe,
pourvu qu'il soit bon. Renvoie-moi le courrier et dis-moi les
personnes que tu préfères que je t'envoie à ta rencontre. Tu
arrangeras l'affaire des papiers, il faut des papiers au porteur,
les échéances comme les papiers des banques de Paris, Londres,
Vienne, ou actions réalisables et qu'on peut garder à volonté.
Dispose de toute autre chose dont je ne parle pas, comme tu
l'entendras le mieux; rapporte-moi les papiers que Lance t'apporta;
au moins ceux que tu jugeras plus nécessaires, prends des
précautions pour que tu puisses demander et ravoir les autres, donne
à Fesch tout ce que tu voudras.
Je suis arrivé ici hier, à travers des chemins jugés impraticables;
la manière dont j'ai été reçu ici surpasse toute idée; si on me
laissait agir librement, ce pays serait bientôt heureux et
tranquille. Amène Roederer, il me serait bien utile et même
nécessaire, il s'en retournerait bientôt à Paris. M. Lapommeraye
peut venir........... coûte .............. qu'il connaît bien.