et jusqu’à ce radieux blasphème
Le ciel illuminé s’emplit de ta présence;
Dieu te mit devant moi, je compris sa puissance;
En passant par tes yeux mon âme a tout prévu
Dieu, c’est toi pour mon cœur; j’ai vu Dieu, je t’ai vu!
La figure de Valmore, loin d’être définitive, s’ébauche à peine. Son
œuvre est de celles dont la méconnaissance du vivant et l’oubli au
sortir du trépas composent les deux premières phases d’engendrement
naturel à la postérité; et qui, pour atteindre leur plein degré de
manifeste et d’influence, doivent être _retrouvées_, ainsi qu’une
Pompéï ou des grains de blé endormis renferment des germes de moisson
en puissance. Rougir pour cette plaintive sublime amante du feu qui
la dore, serait d’un culte inéclairé, sinon d’une offense aveugle. La
suprême, décisive et impérissable Valmore doit entrer
Entrer sous ton aile enflammée
Où l’on entre par le tombeau
dans le temps et l’éternité, je l’ai dit au début, en Anactoria
chrétienne, en Francesca pardonnée illuminant de son idolâtrie
innocentée et couronnée un Phaon inconnu, un Paolo mystérieux de qui
toute la gloire est d’avoir allumé cette ardeur dont elle résume la foi
et le dogme dans sa magnifique _Croyance_:
Son souffle lissera mes ailes sans poussière
Pour les ouvrir à Dieu.
Et nous l’attendrirons de la même prière,
Car c’est l’éternité qu’il nous faut tout entière,
On n’y dit plus adieu!
[24] Victor Hugo seul, spécialement dans son superbe sonnet à
Madame Judith Gautier en a fait un titre aussi vraiment royal.
[25] La Reine Marie-Amélie.