On a vu des temps où l’homme, en égorgeant l’homme dont les croyances
différoient des siennes, se persuadoit offrir un sacrifice agréable à
Dieu.
Ayez en abomination ces meurtres exécrables.
Comment le meurtre de l’homme pourroit-il plaire à Dieu, qui a dit à
l’homme: Tu ne tueras point.
Lorsque le sang de l’homme coule sur la terre, comme une offrande à
Dieu, les démons accourent pour le boire, et entrent dans celui qui l’a
versé.
On ne commence à persécuter que quand on désespère de convaincre, et qui
désespère de convaincre, ou blasphême en lui-même la puissance de la
vérité, ou manque de confiance dans la vérité des doctrines qu’il
annonce.
Quoi de plus insensé que de dire aux hommes: Croyez ou mourez!
La foi est fille du Verbe: elle pénètre dans les cœurs avec la parole,
et non avec le poignard.
Jésus passa en faisant le bien, attirant à lui par sa bonté, et touchant
par sa douceur les âmes les plus dures.
Ses lèvres divines bénissoient et ne maudissoient point, si ce n’est les
hypocrites. Il ne choisit pas des bourreaux pour apôtres.
Il disoit aux siens: Laissez croître ensemble, jusqu’à la moisson, le
bon et le mauvais grain; le père de famille en fera la séparation sur
l’aire.
Et à ceux qui le pressoient de faire descendre le feu du ciel sur une
ville incrédule: Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes.
L’esprit de Jésus est un esprit de paix, de miséricorde et d’amour.
Ceux qui persécutent en son nom, qui scrutent les consciences avec
l’épée, qui torturent le corps pour convertir l’âme, qui font couler les
pleurs au lieu de les essuyer; ceux-là n’ont pas l’esprit de Jésus.
Malheur à qui profane l’Évangile, en le rendant pour les hommes un objet
de terreur! Malheur à qui écrit la bonne nouvelle sur une feuille
sanglante!
Ressouvenez-vous des catacombes.
En ce temps-là, on vous traînoit à l’échafaud, on vous livroit aux bêtes
féroces dans l’amphithéâtre pour amuser la populace, on vous jetoit à
milliers au fond des mines et dans les prisons, on confisquoit vos
biens, on vous fouloit aux pieds comme la boue des places publiques;
vous n’aviez, pour célébrer vos mystères proscrits, d’autre asile que
les entrailles de la terre.
Que disoient vos persécuteurs? Ils disoient que vous propagiez des
doctrines dangereuses; que votre secte, ainsi qu’ils l’appeloient,
troubloit l’ordre et la paix publique; que, violateurs des lois et
ennemis du genre humain, vous ébranliez l’empire en ébranlant la
religion de l’empire.
Et dans cette détresse, sous cette oppression, que demandiez-vous? la
liberté. Vous réclamiez le droit de n’obéir qu’à Dieu, de le servir et
de l’adorer selon votre conscience.
Lorsque, même en se trompant dans leur foi, d’autres réclameront de vous
ce droit sacré, respectez-le en eux, comme vous demandiez que les païens
le respectassent en vous.
Respectez-le pour ne pas flétrir la mémoire de vos confesseurs, et ne
pas souiller les cendres de vos martyrs.
La persécution a deux tranchant: elle blesse à droite et à gauche.
Si vous ne vous souvenez plus des enseignements du Christ,
ressouvenez-vous des catacombes.