Vous n’avez qu’un jour à passer sur la terre; faites en sorte de le
passer en paix.
La paix est le fruit de l’amour; car pour vivre en paix, il faut savoir
supporter bien des choses.
Nul n’est parfait, tous ont leurs défauts; chaque homme pèse sur les
autres, et l’amour seul rend ce poids léger.
Si vous ne pouvez supporter vos frères, comment vos frères vous
supporteront-ils?
Il est écrit du fils de Marie: Comme il avoit aimé les siens, qui
étoient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin.
Aimez donc vos frères qui sont dans le monde, et aimez-les jusqu’à la
fin.
L’amour est infatigable, il ne se lasse jamais. L’amour est inépuisable;
il vit et renaît de lui-même, et plus il s’épanche, plus il surabonde.
Qui s’aime plus que son frère n’est pas digne du Christ, mort pour ses
frères. Avez-vous donné vos biens, donnez encore votre vie, et l’amour
vous rendra tout.
Je vous le dis en vérité, celui qui aime, son cœur est un paradis sur la
terre. Il a Dieu en soi, car Dieu est amour.
L’homme vicieux n’aime point, il convoite: il a faim et soif de tout;
son œil, tel que l’œil du serpent, fascine et attire, mais pour dévorer.
L’amour repose au fond des âmes pures, comme une goutte de rosée dans le
calice d’une fleur.
Oh! si vous saviez ce que c’est qu’aimer!
Vous dites que vous aimez, et beaucoup de vos frères manquent de pain
pour soutenir leur vie, de vêtements pour couvrir leurs membres nus,
d’un toit pour s’abriter, d’une poignée de paille pour dormir dessus,
tandis que vous avez toutes choses en abondance.
Vous dites que vous aimez, et il y a, en grand nombre, des malades qui
languissent, privés de secours, sur leur pauvre couche, des malheureux
qui pleurent sans que personne pleure avec eux, des petits enfants qui
s’en vont, tout transis de froid, de porte en porte demander aux riches
une miette de leur table, et qui ne l’obtiennent pas.
Vous dites que vous aimez vos frères: et que feriez-vous donc si vous
les haïssiez?
Et moi je vous le dis, quiconque, le pouvant, ne soulage pas son frère
qui souffre, est l’ennemi de son frère; et quiconque, le pouvant, ne
nourrit pas son frère, qui a faim, est son meurtrier.