Plus aride encore que le précédent.
Le pavillon principal avait au delà d'un magnifique vestibule un salon
enchanté de forme ovale, terminé en coupole et dont une partie avançait
sur le jardin. De chaque côté, deux appartements de femmes, élégamment
décorés, et, plus haut, quatre appartements d'hommes ménagés dans une
attique. La distribution était telle que chacun, isolé dans le haut,
pouvait néanmoins se rendre en bas chez tous les autres ou les recevoir
chez soi sans qu'on s'en aperçût: je dirai bientôt comment cela se
pratiquait. On s'était appliqué à favoriser dans ce délicieux séjour la
liberté, la misère et le plaisir, divinités bienfaisantes auxquelles il
était consacré.
Nous étions justement le monde qu'il fallait pour remplir la maison. Mme
d'Orville logea Thérèse qui devait également la servir. Sylvine voulait
être tout à fait libre chez elle, à cause de monseigneur. Sydney, ayant
aussi des vues, était aussi bien aise que personne ne fût auprès de moi.
Monrose, qu'on regardait encore comme sans conséquence, fut logé près de
la maîtresse du seigneur anglais, à la place de la femme de chambre qui
manquait; Monseigneur, son neveu, Kinston et Sydney dans le haut. Notre
hôte avait, outre cela, quelque part, un appartement dont je ferai
mention ailleurs.
Je suis forcée d'entrer dans ces détails minutieux, parce qu'ils
deviennent nécessaires à l'intelligence des faits dont je dois rendre
compte. Au surplus, le lecteur, averti désormais que je détaille trop,
est le maître de passer outre, lorsqu'il se verra menacé de l'ennui que
pourra lui procurer ma scrupuleuse ponctualité.
Encore oubliai-je de dire que les pavillons collatéraux logaient tous
les subalternes dont on n'avait pas indispensablement besoin auprès de
soi.