Laissons donc là ces phrases sur la nature et les principes invariables

de la poésie. Un grand artiste fera d'un bloc de pierre quelque chose

d'aussi sublime qu'une montagne; un grand poète pourra trouver dans un

jeu de cartes l'occasion de plus de poésie que n'en offrent les forêts

de l'Amérique. C'est au poète qu'il convient de démentir le proverbe, et

de faire quelquefois _une bourse de soie de l'oreille d'un porc_; et

pour terminer avec un autre proverbe aussi trivial: _Un bon ouvrier ne

se plaint jamais de ses instrumens_.]

Ces deux écrivains (car Cowper n'est pas un poète) ont lutté ensemble

dans un grand ouvrage,--la traduction d'Homère. Eh bien! la traduction

de Pope est remplie de fautes graves, manifestes, relevées, reconnues et

incontestées; celles de son rival au contraire est pleine de soin,

d'érudition, de travail; elle a de plus l'avantage d'être en vers

blancs, et cependant, qui jamais a pu lire Cowper, et qui jamais mettra

de côté la traduction de Pope, à moins que ce ne soit pour prendre

l'original? Pope travailla, dites-vous, «non pas sur Homère, mais sur

Spondanus;» mais Cowper, loin d'être Homère, n'est pas même ici

lui-même. Étant encore fort jeune je lus l'Homère de Pope avec un

ravissement que ne me fit plus éprouver aucun autre livre; et les enfans

ne sont pas les plus mauvais juges de style. Écolier, je lus Homère dans

l'original comme nous l'avons tous fait, les uns de force, les autres

d'inclination; je ne dis pas ici auquel de ces deux sentimens je cédai

moi-même, il suffit que je l'aie lu. Plus tard j'ai voulu lire la

version de Cowper; mais impossible. Et quel mortel en eut jamais le

courage?

Nous avons vu notre poète catholique accusé de jalousie, de duplicité,

d'avarice et de débauche;--examinons maintenant les délits du

Calviniste. Cowper tenta le plus grand crime des lois chrétiennes,

c'est-à-dire le suicide, et pourquoi? parce qu'on devait examiner s'il

était digne d'une place dont il semblait désirer de faire une sinécure.

Son intimité avec Mme Ulwin était assez irréprochable, car la vieille

dame était dévote, et lui d'une mauvaise santé; mais alors pourquoi

reprocher à Pope, malade et déjà vieux, son intimité avec Martha Blount?

Cowper était l'aumônier de Mme Throgmorton; mais les aumônes de Pope

étaient les siennes, elles étaient grandes et généreuses, et dépassaient

les bornes de sa fortune. Pope était le partisan convaincu mais tolérant

de la secte la plus bigote; Cowper était le plus bigot et le plus

intolérant des sectaires qui jamais hâtèrent leur damnation et celle des

autres. Cet arrêt est-il rigoureux? j'en conviens, je ne le donne même

pas comme l'expression de mon opinion _personnelle_, mais seulement pour

rappeler ce qu'on pourrait dire de Cowper avec autant d'apparence de

_candeur_ que tout ce que l'on a accumulé d'odieux contre Pope, sur de

pareils fondemens. Cowper était après tout un bon homme qui vécut dans

un tems favorable au succès de ses ouvrages.

M. Bowles, peu confiant sans doute dans la force de ses argumens, a mis

en avant lui-même, ou par l'organe de ses défenseurs, les noms de

Southey et de Moore. M. Southey «est entièrement d'accord avec M. Bowles

dans ses invariables principes de poésie.» Certes, le moins que puisse

faire M. Bowles en retour, est d'approuver les principes invariables de

M. Southey. Pour moi, j'aurais cru que le mot _invariable_ devait serrer

à la gorge Southey, comme l'_Amen_! de Macbeth. Il produit du moins cet

effet sur moi, bien que je ne sois pas le plus inconstant de nous deux,

quant aux opinions. Moore (_tu quoque, Brute_), et un M. J. Scott

tombent également d'accord avec M. Bowles. Il y a de plus une lettre de

deux lignes écrite par un gentilhomme en astérisques, un gentilhomme qui

semble être un poète du _plus haut rang_. Qui peut-il être? ce n'est

pas, certes, mon ami Walter, ce n'est pas Campbell, ce ne peut être

Rogers. Quoi qu'il en soit, la voici:

«Vous avez _enfoncé le clou_ dans la tête, et **** (Pope, je présume)

même sur la tête.»

Je _demeure_ votre affectionné,

(_Quatre Astérisques_.)

Et laissons-le demeurer en astérisques. Quel que puisse être ce

personnage, il mérite, pour un pareil jugement de Midas, qu'on lui perce

les oreilles avec le clou que M. Bowles a enfoncé dans la tête. Je suis

persuadé qu'elles sont assez longues pour cela.

Le prix que la populace poétique de nos jours attache à obtenir un

ostracisme contre Pope se conçoit facilement. Semblable à cet Athénien

qui proscrivait Aristide, parce qu'il était fatigué de l'entendre

toujours nommer le Juste, ils sont de plus entraînés par le soin de leur

conservation; car, si Pope conserve sa place, ils ne peuvent garder la

leur. À la place d'un temple grec de la plus pure architecture ils ont

élevé une mosquée; et plus barbares que les barbares dont je viens de

citer les édifices, ils ne se contentent pas de leurs monumens

grotesques, il faut qu'ils détruisent ceux qu'un goût plus pur avait

autrefois érigés, et qui suffisent pour les couvrir d'une honte et d'un

ridicule ineffaçables. On me dira que j'étais et que je suis encore de

leur nombre.--Oui, et j'en rougis. Oui, j'ai compté parmi les

constructeurs de cette Babel suivie de la confusion des langues, mais

_jamais_ on ne m'a vu porter une main envieuse contre le temple

classique de notre immortel prédécesseur. J'ai toujours chéri et vénéré

le nom et la gloire de cet incomparable génie, bien plus même que ma

misérable réputation, et que le sot ramage de ces écoliers et de ces

étourneaux qui prétendent l'égaler ou même le surpasser. Plutôt qu'une

seule feuille de sa couronne fût flétrie, mieux vaudrait que tous les

vers de ces écrivailleurs, y compris les miens,

Fussent enfouis chez l'épicier, dans le fond des malles, on

servissent à tapisser les fenêtres de Bedlam.

Il en est qui me croiront, il en est qui ne me croiront pas. Vous,

monsieur, du moins, savez combien je suis sincère, et si mes sentimens

ont jamais varié sur ce point, non-seulement dans les ouvrages destinés

à l'impression, mais encore dans des lettres particulières qui ne

pourront jamais être publiées. À mes yeux, nous sommes arrivés dans

l'âge de décadence de la poésie anglaise; il n'est pas d'amour-propre ou

de considération pour les autres, qui puisse m'empêcher de le croire et

de l'exprimer franchement. Ce n'est peut-être pas le plus faible signe

de notre goût perverti, que le discrédit dans lequel est tombé Pope; et

mieux vaudrait mille fois applaudir aux attaques brutales mais

vigoureuses de M. Cobbett contre Shakspeare et Milton, que de laisser

poursuivre cette mine souterraine et _candide_ contre la gloire du plus

_parfait_ de nos poètes, du plus pur de nos moralistes. Je laisse à

d'autres le soin de vanter son talent dans les choses de _passion_, dans

les descriptions, dans le poème héroï-comique: je le prends sur le

terrain qui lui est propre, la poésie morale; si personne ne le

surpasse, sous le premier point de vue, personne ne l'égale comme

écrivain satirique et moral: or ce dernier genre est celui qui fait,

selon moi, le plus d'honneur au poète, puisqu'il lui permet d'exprimer

en _vers_ ce que les plus grands hommes de tous les tems se sont fait

gloire de professer en prose. Si la poésie n'a d'autres fondemens que le

_mensonge_, hâtez-vous de la livrer aux bêtes, ou de la bannir, comme

Platon, de votre république. Celui qui a trouvé le moyen de réconcilier

la poésie avec la vérité et la sagesse est seul véritablement _poète_,

dans son acceptation la plus juste, celle de _faiseur_, de _créateur_.

Pourquoi donc en ferions-nous le synonyme de _menteur_, de trompeur, de

diseur de fables? Tout homme ne peut-il inventer mieux que cela?

Je ne prétends nullement dire que Pope soit un aussi grand poète que

Shakspeare et Milton; bien que Warton, son ennemi, l'ait placé

immédiatement après eux. Autant vaudrait dire dans la mosquée (autrefois

église de Sainte-Sophie), que Socrate était un plus grand homme que

Mahomet. Si je disais qu'il marche très-près d'eux, je ne réclamerais

pour Pope rien de plus que ce que l'on accorde à Burns:

Ne cédant la palme qu'au grand nom de Shakspeare.

Je n'ai rien à dire contre cette opinion; mais enfin, de quel _ordre_,

dans l'aristocratie poétique, sont les ouvrages de Burns? Je vois son

_Opus magnum_, son _Tam' o' shanter_, un _Conte_, le _Samedi soir du

paysan_; une esquisse descriptive, quelques autres ouvrages du même

genre, et puis des chansons. Tel est le _rang_ de ses _productions_; et

cependant, Burns _excelle_ dans son art.

J'ai déjà exprimé ailleurs ce que je pensais de Pope, et de l'influence

qu'ont eue ses détracteurs sur notre littérature. Si jamais votre

contrée devait être victime de quelque grande catastrophe physique ou

sociale; si la Grande-Bretagne était un jour rayée du nombre des nations

de la terre; et s'il ne devait rester d'elle que la chose du monde la

plus vivace après tout, _une langue morte_, objet des études et de

l'imitation des sages, chez les générations futures de lointains

rivages; en un mot, si votre littérature, purifiée des cabales de

coterie, des modes éphémères et des préjugés nationaux, devait être un

jour l'instruction du genre humain, il se pourrait qu'un Anglais, jaloux

d'apprendre aux postérités étrangères qu'il y avait eu jadis en

Angleterre quelque chose approchant d'une épopée ou d'une tragédie,

souhaitât la conservation de Milton ou de Shakspeare; mais le monde

entier arracherait Pope au commun naufrage, et laisserait engloutir les

autres écrivains dans le même gouffre que leur nation. Pope, en effet,

est le poète moraliste de la civilisation; et, à ce titre, nous devons

espérer qu'il deviendra le poète national du genre humain. Seul, il ne

bronche jamais; et seul, on a cru pouvoir lui faire un reproche de sa

_perfection continue_. Jetez un regard sur ses productions; considérez

leur étendue, et contemplez leur variété; poésies pastorales,

amoureuses, héroï-comiques; traductions, pièces satiriques et

morales:--il excelle en tout; souvent il atteint la perfection. Si son

plus grand charme est l'harmonie continue de son style, comment se

fait-il que les étrangers en soient idolâtres, même à travers leurs

traductions décolorées? Mais il faut terminer cette lettre déjà trop

longue. Faites mes complimens à M. Bowles, et croyez-moi toujours,

Votre très-dévoué,

BYRON.

_P. S._--Malgré la longueur de cette lettre, je crois nécessaire d'y

ajouter un _post-scriptum_:--je tâcherai de le faire court. M. Bowles se

défend d'avoir accusé Pope d'une _avarice sordide_; puis il ajoute: «Si

je l'avais fait, je serais enchanté de trouver la preuve que je me suis

trompé.» Cette preuve, il peut se donner le plaisir de la trouver dans

Spence et ailleurs encore. D'abord, voyons Martha Blount, qui, suivant

la remarque charitable de M. Bowles, «jugeait, probablement en sa

qualité de légataire, qu'il n'épargnait pas encore assez.» Quelles que

fussent ses _pensées_, il est certain que ses paroles sont en faveur de

Pope. Puis vient l'alderman Barber; pour ce qui le regarde, voyez les

anecdotes de Spence. On peut encore citer la folle réponse de Pope à

Halifax, quand il lui offrit une pension; la conduite qu'il tint, dans

de semblables occasions, auprès de Craggs et d'Addison; ses propres

vers--

Et grâce à Homère, je vis et je jouis d'une honnête aisance, sans rien

devoir à princes ou seigneurs qui vivent... qu'il écrivait dans un tems

où les princes eussent été fiers de le pensionner, et les pairs de le

protéger; dans un tems où toute l'armée des sots tenait contre lui la

campagne, et eût été trop heureuse de lui ôter l'avantage de son

indépendance.

Mais il y a, dans la protestation de M. Bowles, quelque chose de plus

sérieux: Il aurait, dit-il, parlé de sa noble générosité à l'égard du

malheureux Richard Savage; il aurait cité d'autres exemples d'un coeur

noble et compatissant, _si sa mémoire les lui avait offerts quand il

écrivit_. Qu'est-ce à dire? M. Bowles n'a-t-il pas prétendu composer une

vie minutieuse et exacte du grand poète dont il donnait les oeuvres?

n'a-t-il pas disséqué son caractère moral et politique? n'a-t-il pas mis

au jour ses moindres fautes, ses plus légères faiblesses? n'a-t-il pas

souri de sa sensibilité, et douté de sa franchise? n'a-t-il pas dévoilé

sa vanité et sa duplicité? Comment donc, après cela, oublie-t-il les

bonnes qualités qui pouvaient servir en partie d'excuse à la _multitude

de ses torts_? A-t-il bonne grâce à venir nous dire que _sa mémoire ne

les lui a pas offertes_? Est-ce dans cette disposition d'esprit que l'on

doit aborder les morts illustres? Si M. Bowles, avec tous les moyens qui

pouvaient le mieux aider sa mémoire, ne s'en est pas souvenu, il avait

entrepris une tâche au-dessus de ses forces; mais s'il s'en est souvenu,

et qu'il les ait omises, je ne sais pas ce dont il est capable, mais je

sais ce dont il serait digne. En conscience, on ne peut admettre une

pareille excuse pour des faits aussi connus. M. Bowles a été au collège;

et comme j'ai reçu, ainsi que lui, une éducation publique, je veux bien

lui présenter un argument de son goût. Quand nous étions dans la

troisième _forme_, si nous avions cherché à nous justifier, le lundi

matin, de n'avoir pas fait le travail du samedi, sous prétexte que nous

l'aurions oublié, comment nous aurait-on répondu? Et cette excuse, qu'on

ne saurait pardonner à un écolier, l'admettrons-nous dans un cas qui

intéresse de si près la gloire du premier poète de son siècle, pour ne

pas dire de son pays? Cependant M. Bowles, qui oublie si facilement les

vertus des autres, se plaint fort amèrement de ce que d'autres gardent

mieux la mémoire de ses propres fautes. Ce ne sont pourtant que les

fautes d'un auteur, tandis que les vertus qu'il oublie, sont

essentielles à l'homme auquel on prétend faire justice.

Au fait, M. Bowles semble susceptible au-delà du privilége qu'en ont les

auteurs. Dans une larmoyante dédicace à M. Gifford, il le rend

responsable de tous les articles de la _Quarterly_. M. Southey, _le plus

fort et le plus éloquent des écrivains de cette Revue_, approuve il est

vrai l'édition de M. Bowles, mais la _Revue_, ce me semble, n'a fait

preuve que d'impartialité, en insérant l'_Essai sur Spence_, bien qu'il

fût écrit dans une opinion contraire à celle de son _plus grand

écrivain_. Une _Revue_ doit-elle être dévouée aux opinions d'un seul

homme? La critique n'y doit-elle pas s'y exercer en raison des sujets et

des circonstances? J'ai bien peur que les écrivains ne soient tenus de

prendre, comme ils se présentent, le miel et l'absinthe des journaux; un

homme de l'expérience de M. Bowles devrait avoir l'habitude de ces

contrariétés; il peut en être affligé, mais surpris, je ne le conçois

pas. J'ai été _revisé_ dans la _Quarterly_ presqu'aussi fréquemment que

M. Bowles, j'ai reçu des paroles douces, j'en ai subi d'aussi

_déplaisantes_ qu'on puisse l'imaginer. On pose en fait, dans l'examen

de la _Chute de Jérusalem_[17], que j'ai voué mes facultés, etc., à

l'appui de ce qu'il y a de plus détestable dans la doctrine du

_manichéisme_, ce qui veut dire clairement que j'adore le diable. Eh

bien! je n'ai pas fait de réponse, je n'ai rien écrit à Gifford;

seulement, je crois que je vous mandai, dans une lettre particulière,

que le critique aurait fort bien pu louer Milman sans se croire obligé

de me diffamer. Et, dans le même tems, ou bientôt après (à l'occasion

d'une note sur le livre des voyageurs), j'ajoutai que je n'effacerais

pas, quand même je le pourrais, une seule ligne de ce qui m'y regarde,

dans une _Revue_ quelconque.--Toutefois, je me réserve le droit d'y

répondre, quand je le juge nécessaire. Pour M. Bowles, l'article sur

Spence semble l'avoir mis dans une position critique. Je ne suis pas,

vous le savez, dans votre confidence, ni dans celle du directeur du

journal; mais à l'instant même où je vis l'article, je fus moralement

sûr qu'à _son style_ j'avais reconnu l'auteur. Vous me dites que je ne

le sais pas; c'est fort bien: gardez votre secret; de mon côté, je

garderai le mien, bien que personne ne me l'ait recommandé; et, dans

tous les cas, ce n'est pas la personne que dénonce M. Bowles.

[Note 17: Par Milman.]

L'extrême susceptibilité de M. Bowles me rappelle un fait qui se passa à

bord d'une frégate sur laquelle je me trouvais en qualité de passager.

Long-tems je dînai avec le capitaine; le chirurgien du bâtiment, fort

galant homme du reste, et fort habile dans son art, était _porteur_ de

_toupet_, et, sur cet article, il n'entendait pas raison le moins du

monde. Les plaisanteries des marins sont parfois, on le sait, assez

franches; et souvent il arrivait que les officiers, ses confrères, se

permissent des allusions à cette partie délicate de la personne du

docteur. Un jour, au milieu d'une discussion plaisante, un jeune

lieutenant s'écria: «Supposez maintenant, docteur, que je prenne votre

_chapeau_!--Monsieur, repartit aussitôt le chirurgien, brisons-là; vous

voulez _m'insulter_.» Il ne pouvait pas même souffrir qu'on approchât du

chapeau qui défendait sa perruque. Ainsi, quelqu'un approche-t-il le

moins du monde des lauriers de M. Bowles, même à propos de son mérite

_d'éditeur_, on prétend aussitôt _l'insulter_. Vous dites que vous

préparez en ce moment une édition de Pope; vous ne pouvez mieux faire

pour votre réputation de libraire, pour compenser le travail de M.

Bowles, et prévenir ainsi la décadence rapide du goût.

FIN DE LA LETTRE A JOHN MURRAY.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 07 comprenant ses mémoires publiées par Thomas Moore · 第 18 / 18 段