Lorsque Anzoleto s'éveilla, il sentit se réveiller aussi la jalousie que
lui avait inspirée le comte Zustiniani. Mille sentiments contraires se
partageaient son âme. D'abord cette autre jalousie que la Corilla avait
éveillée en lui pour le génie et le succès de Consuelo. Celle-là
s'enfonçait plus avant dans son sein, à mesure qu'il comparait le
triomphe de sa fiancée à ce que, dans son ambition trompée, il appelait
sa propre chute. Ensuite l'humiliation d'être supplanté peut-être dans
la réalité, comme il l'était déjà dans l'opinion, auprès de cette femme
désormais célèbre et toute-puissante dont il était si flatté la veille
d'être l'unique et souverain amour. Ces deux jalousies se disputaient
dans sa pensée, et il ne savait à laquelle se livrer pour éteindre
l'autre. Il avait à choisir entre deux partis: ou d'éloigner Consuelo du
comte et de Venise, et de chercher avec elle fortune ailleurs, ou de
l'abandonner à son rival, et d'aller au loin tenter seul les chances
d'un succès qu'elle ne viendrait plus contre-balancer. Dans cette
incertitude de plus en plus poignante, au lieu d'aller reprendre du
calme auprès de sa véritable amie, il se lança de nouveau dans l'orage
en retournant chez la Corilla. Elle attisa le feu en lui démontrant,
avec plus de force que la veille, tout le désavantage de sa position.
«Nul n'est prophète en son pays, lui dit-elle; et c'est déjà un mauvais
milieu pour toi que la ville où tu es né, où l'on t'a vu courir en
haillons sur la place publique, où chacun peut se dire (et Dieu sait que
les nobles aiment à se vanter de leurs bienfaits, même imaginaires,
envers les artistes): «C'est moi qui l'ai protégé; je me suis aperçu le
premier de son talent; c'est moi qui l'ai recommandé à celui-ci, c'est
moi qui l'ai préféré à celui-là.» Tu as beaucoup trop vécu ici au grand
air, mon pauvre Anzolo; ta charmante figure avait frappé tous les
passants avant qu'on sût qu'il y avait en toi de l'avenir. Le moyen
d'éblouir des gens qui t'ont vu ramer sur leur gondole, pour gagner
quelques sous, en leur chantant les strophes du Tasse, ou faire leurs
commissions pour avoir de quoi souper! Consuelo, laide et menant une vie
retirée, est ici une merveille étrangère. Elle est Espagnole d'ailleurs,
elle n'a pas l'accent vénitien. Sa prononciation belle, quoiqu'un peu
singulière, leur plairait encore, quand même elle serait détestable:
c'est quelque chose dont leurs oreilles ne sont pas rebattues. Ta beauté
a été pour les trois quarts dans le petit succès que tu as eu au premier
acte. Au dernier on y était déjà habitué.
--Dites aussi que la belle cicatrice que vous m'avez faite au-dessous de
l'oeil, et que je ne devrais vous pardonner de ma vie, n'a pas peu
contribué à m'enlever ce dernier, ce frivole avantage.
--Sérieux au contraire aux yeux des femmes, mais frivole à ceux des
hommes. Avec les unes, tu régneras dans les salons; sans les autres, tu
succomberas au théâtre. Et comment veux-tu les occuper, quand c'est une
femme qui te les dispute? une femme qui subjugue non-seulement les
dilettanti sérieux, mais qui enivre encore, par sa grâce et le prestige
de son sexe, tous les hommes qui ne sont point connaisseurs en musique!
Ah! que pour lutter avec moi, il a fallu de talent et de science à
Stefanini, à Saverio, et à tous ceux qui ont paru avec moi sur la scène!
--A ce compte, chère Corilla, je courrais autant de risques en me
montrant auprès de toi, que j'en cours auprès de la Consuelo. Si j'avais
eu la fantaisie de te suivre en France, tu me donnerais là un bon
avertissement.»
Ces mots échappés à Anzoleto furent un trait de lumière pour la Corilla.
Elle vit qu'elle avait frappé plus juste qu'elle ne s'en flattait
encore; car la pensée de quitter Venise s'était déjà formulée dans
l'esprit de son amant. Dès qu'elle conçut l'espoir de l'entraîner avec
elle, elle n'épargna rien pour lui faire goûter ce projet. Elle
s'abaissa elle-même tant qu'elle put, et elle se mit au-dessous de sa
rivale avec une modestie sans bornes. Elle se résigna même à dire
qu'elle n'était ni assez grande cantatrice, ni assez belle pour allumer
des passions dans le public. Et comme tout cela était plus vrai qu'elle
ne le pensait en le disant, comme Anzoleto s'en apercevait de reste, et
ne s'était jamais abusé sur l'immense supériorité de Consuelo, elle
n'eut pas de peine à le lui persuader. Leur association et leur fuite
furent donc à peu près résolues dans cette séance; et Anzoleto y
songeait sérieusement, bien qu'il se gardât toujours une porte de
derrière pour échapper à cet engagement dans l'occasion.
Corilla, voyant qu'il lui restait un fond d'incertitude, l'engagea
fortement à continuer ses débuts, le flattant de l'espérance d'un
meilleur sort pour les autres représentations; mais bien certaine, au
fond, que ces épreuves malheureuses le dégoûteraient complètement et de
Venise et de Consuelo.
En sortant de chez sa maîtresse, il se rendit chez son amie. Un
invincible besoin de la revoir l'y poussait impérieusement. C'était la
première fois qu'il avait fini et commencé une journée sans recevoir son
chaste baiser au front. Mais comme, après ce qui venait de se passer
avec la Corilla, il eût rougi de sa versatilité, il essaya de se
persuader qu'il allait chercher auprès d'elle la certitude de son
infidélité, et le désabusement complet de son amour. Sans nul doute, se
disait-il, le comte aura profité de l'occasion et du dépit causé par mon
absence, et il est impossible qu'un libertin tel que lui se soit trouvé
avec elle la nuit en tête-à-tête, sans que la pauvrette ait succombé.
Cette idée lui faisait pourtant venir une sueur froide au visage; s'il
s'y arrêtait, la certitude du remords et du désespoir de Consuelo
brisait son âme, et il hâtait le pas, s'imaginant la trouver, noyée de
larmes. Et puis une voix intérieure, plus forte que toutes les autres,
lui disait qu'une chute aussi prompte et aussi honteuse était impossible
à un être aussi pur et aussi noble; et il ralentissait sa marche en
songeant à lui-même, à l'odieux de sa conduite, à l'égoïsme de son
ambition, aux mensonges et aux reproches dont il avait rempli sa vie et
sa conscience.
Il trouva Consuelo dans sa robe noire, devant sa table, aussi sereine et
aussi sainte dans son attitude et dans son regard qu'il l'avait toujours
vue. Elle courut à lui avec la même effusion qu'à l'ordinaire, et
l'interrogea avec inquiétude, mais sans reproche et sans méfiance, sur
l'emploi de ce temps passé loin d'elle.
«J'ai été souffrant, lui répondit-il avec l'abattement profond que lui
causait son humiliation intérieure. Ce coup que je me suis donné à la
tête contre un décor, et dont je t'ai montré la marque en te disant que
ce n'était rien, m'a pourtant causé un si fort ébranlement au cerveau
qu'il m'a fallu quitter le palais Zustiniani dans la crainte de m'y
évanouir, et que j'ai eu besoin de garder le lit toute la matinée.
--O mon Dieu! dit Consuelo en baisant la cicatrice faite par sa rivale;
tu as souffert, et tu souffres encore?
--Non, ce repos m'a fait du bien. N'y songe plus, et dis-moi comment tu
as fait pour revenir toute seule cette nuit?
--Toute seule? Oh! non, le comte m'a ramenée dans sa gondole.
--Ah! j'en étais sûr! s'écria Anzoleto avec un accent étrange. Et sans
doute ... il t'a dit de bien belles choses dans ce tête-à-tête?
--Qu'eût-il pu me dire qu'il ne m'ait dit cent fois devant tout le
monde? Il me gâte, et me donnerait de la vanité si je n'étais en garde
contre cette maladie. D'ailleurs, nous n'étions pas tête-à-tête; mon bon
maître a voulu m'accompagner aussi. Oh! l'excellent ami!
--Quel maître? que excellent ami? dit Anzoleto rassuré et déjà
préoccupé.
--Eh! le Porpora! A quoi songes-tu donc?
--Je songe, chère Consuelo, à ton triomphe d'hier soir; et toi, y
songes-tu?
--Moins qu'au tien, je te jure!
--Le mien! Ah! ne me raille pas, ma belle amie; le mien a été si pâle
qu'il ressemblait beaucoup à une chute.»
Consuelo pâlit de surprise. Elle n'avait pas eu, malgré sa fermeté
remarquable, tout le sang-froid nécessaire pour apprécier la différence
des applaudissements qu'elle et son amant avaient recueillis. II y a
dans ces sortes d'ovations un trouble auquel l'artiste le plus sage ne
peut se dérober, et qui fait souvent illusion à quelques-uns, au point
de leur faire prendre l'appui d'une cabale pour la clameur d'un succès.
Mais au lieu de s'exagérer l'amour de son public, Consuelo, presque
effrayée d'un bruit si terrible, avait eu peine à le comprendre, et
n'avait pas constaté la préférence qu'on lui avait donnée sur Anzoleto.
Elle le gronda naïvement de son exigence envers la fortune; et voyant
qu'elle ne pouvait ni le persuader ni vaincre sa tristesse, elle lui
reprocha doucement d'être trop amoureux de la gloire, et d'attacher trop
de prix à la faveur du monde.
«Je te l'ai toujours prédit, lui dit-elle, tu préfères les résultats de
l'art à l'art lui-même. Quand on a fait de son mieux, quand on sent
qu'on a fait bien, il me semble qu'un peu plus ou un peu moins
d'approbation n'ôte ni n'ajoute rien au contentement intérieur.
Souviens-toi de ce que me disait le Porpora la première fois que j'ai
chanté au palais Zustiniani: Quiconque se sent pénétré d'un amour vrai
pour son art ne peut rien craindre ...
--Ton Porpora et toi, interrompit Anzoleto avec humeur, pouvez bien vous
nourrir de ces belles maximes. Rien n'est si aisé que de philosopher sur
les maux de la vie quand on n'en connaît que les biens. Le Porpora,
quoique pauvre et contesté, a un nom illustre. Il a cueilli assez de
lauriers pour que sa vieille tête puisse blanchir en paix sous leur
ombre. Toi qui te sens invincible, tu es inaccessible à la peur. Tu
t'élèves du premier bond au sommet de l'échelle, et tu reproches à ceux
qui n'ont pas de jambes d'avoir le vertige. C'est peu charitable,
Consuelo, et souverainement injuste. Et puis ton argument ne m'est pas
applicable: tu dis que l'on doit mépriser l'assentiment du public quand
on a le sien propre; mais si je ne l'ai pas, ce témoignage intérieur
d'avoir bien fait? Et ne vois-tu pas que je suis horriblement mécontent
de moi-même? N'as-tu pas vu que j'étais détestable? N'as-tu pas entendu
que j'ai chanté pitoyablement?
--Non, car cela n'est pas. Tu n'as été ni au-dessus ni au-dessous de
toi-même. L'émotion que tu éprouvais n'a presque rien ôté à tes moyens.
Elle s'est vite dissipée d'ailleurs, et les choses que tu sais bien, tu
les a bien rendues.
--Et celles que je ne sais pas?» dit Anzoleto en fixant sur elle ses
grands yeux noirs creusés par la fatigue et le chagrin.
Elle soupira et garda un instant le silence, puis elle lui dit en
l'embrassant:
«Celles que tu ne sais pas, il faut les apprendre. Si tu avais voulu
étudier sérieusement pendant les répétitions ... Te l'ai-je dit? Mais ce
n'est pas le moment de faire des reproches, c'est le moment au contraire
de tout réparer. Voyons, prenons seulement deux heures par jour, et tu
verras que nous triompherons vite de ce qui t'arrête.
--Sera-ce donc l'affaire d'un jour?
--Ce sera l'affaire de quelques mois tout au plus.
--Et cependant je joue demain! je continue à débuter devant un public
qui me juge sur mes défauts beaucoup plus que sur mes qualités.
--Mais qui s'apercevra bien de tes progrès.
--Qui sait? S'il me prend en aversion!
--Il t'a prouvé le contraire.
--Oui! tu trouves qu'il a été indulgent pour moi?
--Eh bien, oui, il l'a été, mon ami. Là où tu as été faible, il a été
bienveillant; là où tu as été fort, il t'a rendu justice.
--Mais, en attendant, on va me faire en conséquence un engagement
misérable.
--Le comte est magnifique en tout et n'épargne pas l'argent. D'ailleurs
ne m'en offre-t-il pas plus qu'il ne nous en faut pour vivre tous deux
dans l'opulence?
--C'est cela! je vivrais de ton succès!
--J'ai bien assez longtemps vécu de ta faveur.
--Ce n'est pas de l'argent qu'il s'agit. Qu'il m'engage à peu de frais,
peu importe; mais il m'engagera pour les seconds ou les troisièmes
rôles.
--Il n'a pas d'autre _primo-uomo_ sous la main. Il y a longtemps qu'il
compte sur toi et ne songe qu'à toi. D'ailleurs il est tout porté pour
toi. Tu disais qu'il serait contraire à notre mariage! Loin de là, il
semble le désirer, et me demande souvent quand je l'inviterai à ma noce.
--Ah! vraiment? C'est fort bien! Grand merci, monsieur le comte!
--Que veux-tu dire?
--Rien. Seulement, Consuelo, tu as eu grand tort de ne pas m'empêcher de
débuter jusqu'à ce que mes défauts que tu connaissais si bien, se
fussent corrigés dans de meilleures études. Car tu les connais, mes
défauts, je le répète.
--Ai-je manqué de franchise? ne t'ai-je pas averti souvent? Mais tu m'as
toujours dit que le public ne s'y connaissait pas; et quand j'ai su quel
succès tu avais remporté chez le comte la première fois que tu as chanté
dans son salon, j'ai pensé que ...
--Que les gens du monde ne s'y connaissaient pas plus que le public
vulgaire?
--J'ai pensé que tes qualités frapperaient plus que tes défauts; et il
en a été ainsi, ce me semble, pour les uns comme pour l'autre.
--Au fait, pensa Anzoleto, elle dit vrai, et si je pouvais reculer mes
débuts.... Mais c'est courir le risque de voir appeler à ma place un
ténor qui ne me la céderait plus. Voyons! dit-il après avoir fait
plusieurs tours dans la chambre, quels sont donc mes défauts?
--Ceux que je t'ai dits souvent, trop de hardiesse et pas assez de
préparation; une énergie plus fiévreuse que sentie; des effets
dramatiques qui sont l'ouvrage de la volonté plus que ceux de
l'attendrissement. Tu ne t'es pas pénétré de l'ensemble de ton rôle. Tu
l'as appris par fragments. Tu n'y as vu qu'une succession de morceaux
plus ou moins brillants. Tu n'en as saisi ni la gradation, ni le
développement, ni le résumé. Pressé de montrer ta belle voix et
l'habileté que tu as à certains égards, tu as donné ton dernier mot
presque en entrant en scène. À la moindre occasion, tu as cherché un
effet, et tous tes effets ont été semblables. À la fin du premier acte,
on te connaissait, on te savait par coeur; mais on ne savait pas que
c'était tout, et on attendait quelque chose de prodigieux pour la fin.
Ce quelque chose n'était pas en toi. Ton émotion était épuisée, et ta
voix n'avait plus la même fraîcheur. Tu l'as senti, tu as forcé l'une et
l'autre; on l'a senti aussi, et l'on est resté froid, à ta grande
surprise, au moment où tu te croyais le plus pathétique. C'est qu'à ce
moment-là on ne voyait pas l'artiste inspiré par la passion, mais
l'acteur aux prises avec le succès.
--Et comment donc font les autres? s'écria Anzoleto en frappant du pied.
Est-ce que je ne les ai pas entendus, tous ceux qu'on a applaudis à
Venise depuis dix ans? Est-ce que le vieux Stefanini ne criait pas quand
la voix lui manquait? Et cependant on l'applaudissait avec rage.
--II est vrai, et je n'ai pas compris que le public pût s'y tromper.
Sans doute on se souvenait du temps où il y avait eu en lui plus de
puissance, et on ne voulait pas lui faire sentir le malheur de son âge.
--Et la Corilla, voyons, cette idole que tu renverses, est-ce qu'elle ne
forçait pas les situations? Est-ce-qu'elle ne faisait pas des efforts
pénibles à voir et à entendre? Est-ce qu'elle était passionnée tout de
bon, quand on la portait aux nues?
--C'est parce que j'ai trouvé ses moyens factices, ses effets
détestables, son jeu comme son chant dépourvus de goût et de grandeur,
que je me suis présentée si tranquillement sur la scène, persuadée comme
toi que le public ne s'y connaissait pas beaucoup.
--Ah! dit Anzoleto avec un profond soupir, tu mets le doigt sur ma
plaie, pauvre Consuelo!
--Comment cela, mon bien-aimé?
--Comment cela? tu me le demandes? Nous nous étions trompés, Consuelo.
Le public s'y connaît. Son coeur lui apprend ce que son ignorance lui
voile. C'est un grand enfant qui a besoin d'amusement et d'émotion. Il
se contente de ce qu'on lui donne; mais qu'on lui montre quelque chose
de mieux, et le voilà qui compare et qui comprend. La Corilla pouvait
encore le charmer la semaine dernière, bien qu'elle chantât faux et
manquât de respiration. Tu parais, et la Corilla est perdue; elle est
effacée, enterrée. Qu'elle reparaisse, on la sifflera. Si j'avais débuté
auprès d'elle, j'aurais eu un succès complet comme celui que j'ai eu
chez le comte, la première fois que j'ai chanté après elle. Mais auprès
de toi, j'ai été éclipsé. Il en devait être ainsi, et il en sera
toujours ainsi. Le public avait le goût du clinquant. Il prenait des
oripeaux pour des pierreries; il en était ébloui. On lui montre un
diamant fin, et déjà il ne comprend plus qu'on ait pu le tromper si
grossièrement. Il ne peut plus souffrir les diamants faux, et il en fait
justice. Voilà mon malheur, Consuelo: c'est d'avoir été produit, moi,
verroterie de Venise, à côté d'une perle sortie du fond des mers.»
Consuelo ne comprit pas tout ce qu'il y avait d'amertume et de vérité
dans ces réflexions. Elle les mit sur le compte de l'amour de son
fiancé, et ne répondit à ce qu'elle prit pour de douces flatteries, que
par des sourires et des caresses. Elle prétendit qu'il la surpasserait,
le jour où il voudrait s'en donner la peine, et releva son courage en
lui persuadant que rien n'était plus facile que de chanter comme elle.
Elle était de bonne foi en ceci, n'ayant jamais été arrêtée par aucune
difficulté, et ne sachant pas que le travail même est le premier des
obstacles, pour quiconque n'en a pas l'amour et la persévérance.