XVIII.

Lorsque Anzoleto s'éveilla, il sentit se réveiller aussi la jalousie que

lui avait inspirée le comte Zustiniani. Mille sentiments contraires se

partageaient son âme. D'abord cette autre jalousie que la Corilla avait

éveillée en lui pour le génie et le succès de Consuelo. Celle-là

s'enfonçait plus avant dans son sein, à mesure qu'il comparait le

triomphe de sa fiancée à ce que, dans son ambition trompée, il appelait

sa propre chute. Ensuite l'humiliation d'être supplanté peut-être dans

la réalité, comme il l'était déjà dans l'opinion, auprès de cette femme

désormais célèbre et toute-puissante dont il était si flatté la veille

d'être l'unique et souverain amour. Ces deux jalousies se disputaient

dans sa pensée, et il ne savait à laquelle se livrer pour éteindre

l'autre. Il avait à choisir entre deux partis: ou d'éloigner Consuelo du

comte et de Venise, et de chercher avec elle fortune ailleurs, ou de

l'abandonner à son rival, et d'aller au loin tenter seul les chances

d'un succès qu'elle ne viendrait plus contre-balancer. Dans cette

incertitude de plus en plus poignante, au lieu d'aller reprendre du

calme auprès de sa véritable amie, il se lança de nouveau dans l'orage

en retournant chez la Corilla. Elle attisa le feu en lui démontrant,

avec plus de force que la veille, tout le désavantage de sa position.

«Nul n'est prophète en son pays, lui dit-elle; et c'est déjà un mauvais

milieu pour toi que la ville où tu es né, où l'on t'a vu courir en

haillons sur la place publique, où chacun peut se dire (et Dieu sait que

les nobles aiment à se vanter de leurs bienfaits, même imaginaires,

envers les artistes): «C'est moi qui l'ai protégé; je me suis aperçu le

premier de son talent; c'est moi qui l'ai recommandé à celui-ci, c'est

moi qui l'ai préféré à celui-là.» Tu as beaucoup trop vécu ici au grand

air, mon pauvre Anzolo; ta charmante figure avait frappé tous les

passants avant qu'on sût qu'il y avait en toi de l'avenir. Le moyen

d'éblouir des gens qui t'ont vu ramer sur leur gondole, pour gagner

quelques sous, en leur chantant les strophes du Tasse, ou faire leurs

commissions pour avoir de quoi souper! Consuelo, laide et menant une vie

retirée, est ici une merveille étrangère. Elle est Espagnole d'ailleurs,

elle n'a pas l'accent vénitien. Sa prononciation belle, quoiqu'un peu

singulière, leur plairait encore, quand même elle serait détestable:

c'est quelque chose dont leurs oreilles ne sont pas rebattues. Ta beauté

a été pour les trois quarts dans le petit succès que tu as eu au premier

acte. Au dernier on y était déjà habitué.

--Dites aussi que la belle cicatrice que vous m'avez faite au-dessous de

l'oeil, et que je ne devrais vous pardonner de ma vie, n'a pas peu

contribué à m'enlever ce dernier, ce frivole avantage.

--Sérieux au contraire aux yeux des femmes, mais frivole à ceux des

hommes. Avec les unes, tu régneras dans les salons; sans les autres, tu

succomberas au théâtre. Et comment veux-tu les occuper, quand c'est une

femme qui te les dispute? une femme qui subjugue non-seulement les

dilettanti sérieux, mais qui enivre encore, par sa grâce et le prestige

de son sexe, tous les hommes qui ne sont point connaisseurs en musique!

Ah! que pour lutter avec moi, il a fallu de talent et de science à

Stefanini, à Saverio, et à tous ceux qui ont paru avec moi sur la scène!

--A ce compte, chère Corilla, je courrais autant de risques en me

montrant auprès de toi, que j'en cours auprès de la Consuelo. Si j'avais

eu la fantaisie de te suivre en France, tu me donnerais là un bon

avertissement.»

Ces mots échappés à Anzoleto furent un trait de lumière pour la Corilla.

Elle vit qu'elle avait frappé plus juste qu'elle ne s'en flattait

encore; car la pensée de quitter Venise s'était déjà formulée dans

l'esprit de son amant. Dès qu'elle conçut l'espoir de l'entraîner avec

elle, elle n'épargna rien pour lui faire goûter ce projet. Elle

s'abaissa elle-même tant qu'elle put, et elle se mit au-dessous de sa

rivale avec une modestie sans bornes. Elle se résigna même à dire

qu'elle n'était ni assez grande cantatrice, ni assez belle pour allumer

des passions dans le public. Et comme tout cela était plus vrai qu'elle

ne le pensait en le disant, comme Anzoleto s'en apercevait de reste, et

ne s'était jamais abusé sur l'immense supériorité de Consuelo, elle

n'eut pas de peine à le lui persuader. Leur association et leur fuite

furent donc à peu près résolues dans cette séance; et Anzoleto y

songeait sérieusement, bien qu'il se gardât toujours une porte de

derrière pour échapper à cet engagement dans l'occasion.

Corilla, voyant qu'il lui restait un fond d'incertitude, l'engagea

fortement à continuer ses débuts, le flattant de l'espérance d'un

meilleur sort pour les autres représentations; mais bien certaine, au

fond, que ces épreuves malheureuses le dégoûteraient complètement et de

Venise et de Consuelo.

En sortant de chez sa maîtresse, il se rendit chez son amie. Un

invincible besoin de la revoir l'y poussait impérieusement. C'était la

première fois qu'il avait fini et commencé une journée sans recevoir son

chaste baiser au front. Mais comme, après ce qui venait de se passer

avec la Corilla, il eût rougi de sa versatilité, il essaya de se

persuader qu'il allait chercher auprès d'elle la certitude de son

infidélité, et le désabusement complet de son amour. Sans nul doute, se

disait-il, le comte aura profité de l'occasion et du dépit causé par mon

absence, et il est impossible qu'un libertin tel que lui se soit trouvé

avec elle la nuit en tête-à-tête, sans que la pauvrette ait succombé.

Cette idée lui faisait pourtant venir une sueur froide au visage; s'il

s'y arrêtait, la certitude du remords et du désespoir de Consuelo

brisait son âme, et il hâtait le pas, s'imaginant la trouver, noyée de

larmes. Et puis une voix intérieure, plus forte que toutes les autres,

lui disait qu'une chute aussi prompte et aussi honteuse était impossible

à un être aussi pur et aussi noble; et il ralentissait sa marche en

songeant à lui-même, à l'odieux de sa conduite, à l'égoïsme de son

ambition, aux mensonges et aux reproches dont il avait rempli sa vie et

sa conscience.

Il trouva Consuelo dans sa robe noire, devant sa table, aussi sereine et

aussi sainte dans son attitude et dans son regard qu'il l'avait toujours

vue. Elle courut à lui avec la même effusion qu'à l'ordinaire, et

l'interrogea avec inquiétude, mais sans reproche et sans méfiance, sur

l'emploi de ce temps passé loin d'elle.

«J'ai été souffrant, lui répondit-il avec l'abattement profond que lui

causait son humiliation intérieure. Ce coup que je me suis donné à la

tête contre un décor, et dont je t'ai montré la marque en te disant que

ce n'était rien, m'a pourtant causé un si fort ébranlement au cerveau

qu'il m'a fallu quitter le palais Zustiniani dans la crainte de m'y

évanouir, et que j'ai eu besoin de garder le lit toute la matinée.

--O mon Dieu! dit Consuelo en baisant la cicatrice faite par sa rivale;

tu as souffert, et tu souffres encore?

--Non, ce repos m'a fait du bien. N'y songe plus, et dis-moi comment tu

as fait pour revenir toute seule cette nuit?

--Toute seule? Oh! non, le comte m'a ramenée dans sa gondole.

--Ah! j'en étais sûr! s'écria Anzoleto avec un accent étrange. Et sans

doute ... il t'a dit de bien belles choses dans ce tête-à-tête?

--Qu'eût-il pu me dire qu'il ne m'ait dit cent fois devant tout le

monde? Il me gâte, et me donnerait de la vanité si je n'étais en garde

contre cette maladie. D'ailleurs, nous n'étions pas tête-à-tête; mon bon

maître a voulu m'accompagner aussi. Oh! l'excellent ami!

--Quel maître? que excellent ami? dit Anzoleto rassuré et déjà

préoccupé.

--Eh! le Porpora! A quoi songes-tu donc?

--Je songe, chère Consuelo, à ton triomphe d'hier soir; et toi, y

songes-tu?

--Moins qu'au tien, je te jure!

--Le mien! Ah! ne me raille pas, ma belle amie; le mien a été si pâle

qu'il ressemblait beaucoup à une chute.»

Consuelo pâlit de surprise. Elle n'avait pas eu, malgré sa fermeté

remarquable, tout le sang-froid nécessaire pour apprécier la différence

des applaudissements qu'elle et son amant avaient recueillis. II y a

dans ces sortes d'ovations un trouble auquel l'artiste le plus sage ne

peut se dérober, et qui fait souvent illusion à quelques-uns, au point

de leur faire prendre l'appui d'une cabale pour la clameur d'un succès.

Mais au lieu de s'exagérer l'amour de son public, Consuelo, presque

effrayée d'un bruit si terrible, avait eu peine à le comprendre, et

n'avait pas constaté la préférence qu'on lui avait donnée sur Anzoleto.

Elle le gronda naïvement de son exigence envers la fortune; et voyant

qu'elle ne pouvait ni le persuader ni vaincre sa tristesse, elle lui

reprocha doucement d'être trop amoureux de la gloire, et d'attacher trop

de prix à la faveur du monde.

«Je te l'ai toujours prédit, lui dit-elle, tu préfères les résultats de

l'art à l'art lui-même. Quand on a fait de son mieux, quand on sent

qu'on a fait bien, il me semble qu'un peu plus ou un peu moins

d'approbation n'ôte ni n'ajoute rien au contentement intérieur.

Souviens-toi de ce que me disait le Porpora la première fois que j'ai

chanté au palais Zustiniani: Quiconque se sent pénétré d'un amour vrai

pour son art ne peut rien craindre ...

--Ton Porpora et toi, interrompit Anzoleto avec humeur, pouvez bien vous

nourrir de ces belles maximes. Rien n'est si aisé que de philosopher sur

les maux de la vie quand on n'en connaît que les biens. Le Porpora,

quoique pauvre et contesté, a un nom illustre. Il a cueilli assez de

lauriers pour que sa vieille tête puisse blanchir en paix sous leur

ombre. Toi qui te sens invincible, tu es inaccessible à la peur. Tu

t'élèves du premier bond au sommet de l'échelle, et tu reproches à ceux

qui n'ont pas de jambes d'avoir le vertige. C'est peu charitable,

Consuelo, et souverainement injuste. Et puis ton argument ne m'est pas

applicable: tu dis que l'on doit mépriser l'assentiment du public quand

on a le sien propre; mais si je ne l'ai pas, ce témoignage intérieur

d'avoir bien fait? Et ne vois-tu pas que je suis horriblement mécontent

de moi-même? N'as-tu pas vu que j'étais détestable? N'as-tu pas entendu

que j'ai chanté pitoyablement?

--Non, car cela n'est pas. Tu n'as été ni au-dessus ni au-dessous de

toi-même. L'émotion que tu éprouvais n'a presque rien ôté à tes moyens.

Elle s'est vite dissipée d'ailleurs, et les choses que tu sais bien, tu

les a bien rendues.

--Et celles que je ne sais pas?» dit Anzoleto en fixant sur elle ses

grands yeux noirs creusés par la fatigue et le chagrin.

Elle soupira et garda un instant le silence, puis elle lui dit en

l'embrassant:

«Celles que tu ne sais pas, il faut les apprendre. Si tu avais voulu

étudier sérieusement pendant les répétitions ... Te l'ai-je dit? Mais ce

n'est pas le moment de faire des reproches, c'est le moment au contraire

de tout réparer. Voyons, prenons seulement deux heures par jour, et tu

verras que nous triompherons vite de ce qui t'arrête.

--Sera-ce donc l'affaire d'un jour?

--Ce sera l'affaire de quelques mois tout au plus.

--Et cependant je joue demain! je continue à débuter devant un public

qui me juge sur mes défauts beaucoup plus que sur mes qualités.

--Mais qui s'apercevra bien de tes progrès.

--Qui sait? S'il me prend en aversion!

--Il t'a prouvé le contraire.

--Oui! tu trouves qu'il a été indulgent pour moi?

--Eh bien, oui, il l'a été, mon ami. Là où tu as été faible, il a été

bienveillant; là où tu as été fort, il t'a rendu justice.

--Mais, en attendant, on va me faire en conséquence un engagement

misérable.

--Le comte est magnifique en tout et n'épargne pas l'argent. D'ailleurs

ne m'en offre-t-il pas plus qu'il ne nous en faut pour vivre tous deux

dans l'opulence?

--C'est cela! je vivrais de ton succès!

--J'ai bien assez longtemps vécu de ta faveur.

--Ce n'est pas de l'argent qu'il s'agit. Qu'il m'engage à peu de frais,

peu importe; mais il m'engagera pour les seconds ou les troisièmes

rôles.

--Il n'a pas d'autre _primo-uomo_ sous la main. Il y a longtemps qu'il

compte sur toi et ne songe qu'à toi. D'ailleurs il est tout porté pour

toi. Tu disais qu'il serait contraire à notre mariage! Loin de là, il

semble le désirer, et me demande souvent quand je l'inviterai à ma noce.

--Ah! vraiment? C'est fort bien! Grand merci, monsieur le comte!

--Que veux-tu dire?

--Rien. Seulement, Consuelo, tu as eu grand tort de ne pas m'empêcher de

débuter jusqu'à ce que mes défauts que tu connaissais si bien, se

fussent corrigés dans de meilleures études. Car tu les connais, mes

défauts, je le répète.

--Ai-je manqué de franchise? ne t'ai-je pas averti souvent? Mais tu m'as

toujours dit que le public ne s'y connaissait pas; et quand j'ai su quel

succès tu avais remporté chez le comte la première fois que tu as chanté

dans son salon, j'ai pensé que ...

--Que les gens du monde ne s'y connaissaient pas plus que le public

vulgaire?

--J'ai pensé que tes qualités frapperaient plus que tes défauts; et il

en a été ainsi, ce me semble, pour les uns comme pour l'autre.

--Au fait, pensa Anzoleto, elle dit vrai, et si je pouvais reculer mes

débuts.... Mais c'est courir le risque de voir appeler à ma place un

ténor qui ne me la céderait plus. Voyons! dit-il après avoir fait

plusieurs tours dans la chambre, quels sont donc mes défauts?

--Ceux que je t'ai dits souvent, trop de hardiesse et pas assez de

préparation; une énergie plus fiévreuse que sentie; des effets

dramatiques qui sont l'ouvrage de la volonté plus que ceux de

l'attendrissement. Tu ne t'es pas pénétré de l'ensemble de ton rôle. Tu

l'as appris par fragments. Tu n'y as vu qu'une succession de morceaux

plus ou moins brillants. Tu n'en as saisi ni la gradation, ni le

développement, ni le résumé. Pressé de montrer ta belle voix et

l'habileté que tu as à certains égards, tu as donné ton dernier mot

presque en entrant en scène. À la moindre occasion, tu as cherché un

effet, et tous tes effets ont été semblables. À la fin du premier acte,

on te connaissait, on te savait par coeur; mais on ne savait pas que

c'était tout, et on attendait quelque chose de prodigieux pour la fin.

Ce quelque chose n'était pas en toi. Ton émotion était épuisée, et ta

voix n'avait plus la même fraîcheur. Tu l'as senti, tu as forcé l'une et

l'autre; on l'a senti aussi, et l'on est resté froid, à ta grande

surprise, au moment où tu te croyais le plus pathétique. C'est qu'à ce

moment-là on ne voyait pas l'artiste inspiré par la passion, mais

l'acteur aux prises avec le succès.

--Et comment donc font les autres? s'écria Anzoleto en frappant du pied.

Est-ce que je ne les ai pas entendus, tous ceux qu'on a applaudis à

Venise depuis dix ans? Est-ce que le vieux Stefanini ne criait pas quand

la voix lui manquait? Et cependant on l'applaudissait avec rage.

--II est vrai, et je n'ai pas compris que le public pût s'y tromper.

Sans doute on se souvenait du temps où il y avait eu en lui plus de

puissance, et on ne voulait pas lui faire sentir le malheur de son âge.

--Et la Corilla, voyons, cette idole que tu renverses, est-ce qu'elle ne

forçait pas les situations? Est-ce-qu'elle ne faisait pas des efforts

pénibles à voir et à entendre? Est-ce qu'elle était passionnée tout de

bon, quand on la portait aux nues?

--C'est parce que j'ai trouvé ses moyens factices, ses effets

détestables, son jeu comme son chant dépourvus de goût et de grandeur,

que je me suis présentée si tranquillement sur la scène, persuadée comme

toi que le public ne s'y connaissait pas beaucoup.

--Ah! dit Anzoleto avec un profond soupir, tu mets le doigt sur ma

plaie, pauvre Consuelo!

--Comment cela, mon bien-aimé?

--Comment cela? tu me le demandes? Nous nous étions trompés, Consuelo.

Le public s'y connaît. Son coeur lui apprend ce que son ignorance lui

voile. C'est un grand enfant qui a besoin d'amusement et d'émotion. Il

se contente de ce qu'on lui donne; mais qu'on lui montre quelque chose

de mieux, et le voilà qui compare et qui comprend. La Corilla pouvait

encore le charmer la semaine dernière, bien qu'elle chantât faux et

manquât de respiration. Tu parais, et la Corilla est perdue; elle est

effacée, enterrée. Qu'elle reparaisse, on la sifflera. Si j'avais débuté

auprès d'elle, j'aurais eu un succès complet comme celui que j'ai eu

chez le comte, la première fois que j'ai chanté après elle. Mais auprès

de toi, j'ai été éclipsé. Il en devait être ainsi, et il en sera

toujours ainsi. Le public avait le goût du clinquant. Il prenait des

oripeaux pour des pierreries; il en était ébloui. On lui montre un

diamant fin, et déjà il ne comprend plus qu'on ait pu le tromper si

grossièrement. Il ne peut plus souffrir les diamants faux, et il en fait

justice. Voilà mon malheur, Consuelo: c'est d'avoir été produit, moi,

verroterie de Venise, à côté d'une perle sortie du fond des mers.»

Consuelo ne comprit pas tout ce qu'il y avait d'amertume et de vérité

dans ces réflexions. Elle les mit sur le compte de l'amour de son

fiancé, et ne répondit à ce qu'elle prit pour de douces flatteries, que

par des sourires et des caresses. Elle prétendit qu'il la surpasserait,

le jour où il voudrait s'en donner la peine, et releva son courage en

lui persuadant que rien n'était plus facile que de chanter comme elle.

Elle était de bonne foi en ceci, n'ayant jamais été arrêtée par aucune

difficulté, et ne sachant pas que le travail même est le premier des

obstacles, pour quiconque n'en a pas l'amour et la persévérance.

Consuelo, Tome 1 (1861) · 第 34 / 56 题