III

Silence de la chambre assoupie et gagnée

Par de l’ombre qui tend ses toiles d’araignée

Dans les angles, obscurs les premiers, où l’essor

Des rêves va finir son vol de mouches d’or!

Silence où toute l’âme assombrie est encline

A se sentir de plus en plus comme orpheline,

Toute seule parmi le soir endolori

A revoir son passé comme un tombeau fleuri.

Et le songeur muet resonge à son enfance

Qui s’écoule et qui fond dans cet obscur silence

Dont le vague se mêle à son plus vague ennui.

D’entre dans du noir et du noir entre en lui

Et la sensation lui vient, douce et suprême,

De changer peu à peu tout en restant lui-même.

Douceur de ce silence et de ne plus savoir

S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir

Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire

Descendre et se confondre en une tache noire

Comme la toile d’une araignée où l’essor

Des songes va finir son vol de mouches d’or.

Et tout s’éteint! Plus de rêve qui se dévide!

Douceur! penser du vague et regarder du vide!

Le règne du silence · 第 76 / 99 题