XV

Les jours sont arrivés où dans l’âme il a plu

En une pluie interminable et monotone;

L’âme souffrante a son équinoxe d’automne...

C’est fini le soleil où l’ennui s’était plu,

Le bon soleil sur les vitres toutes lamées

D’or vierge; c’est fini la jeunesse et l’avril!

Et revoici la pluie imbibant les fumées

Qui sur les toits ont l’air de partir pour l’exil.

On sent que toute joie à présent est enfuie!

A quoi peut-il servir qu’on se reprenne encor?

A quoi peut-il servir qu’on sonne encor du cor?

Le son exténué se traîne dans la pluie

Et le son dans la pluie erre comme un radeau.

Ah! cette pluie en nous! c’est comme une araignée

Qui tisse dans notre âme avec ses longs fils d’eau

Inexorablement une toile mouillée!

Sans cesse cette pluie à l’âme, ce brouillard

Qui se condense et fond en bruines accrues;

Comme on a mal à l’âme, et comme il se fait tard!

Et l’âme écoute au loin pleuviner dans ses rues...

Le règne du silence · 第 73 / 99 题