La position est la même pour la valse et pour toutes les danses
allemandes qui sont de la même famille, comme la polka, la mazurka,
etc., dont nous parlerons plus tard. Le cavalier doit se trouver presque
en face de sa danseuse. Il doit la soutenir avec sa main droite, placée
à peu près à la hauteur de la taille. La danseuse aura sa main droite
dans la main gauche de son danseur, et l'autre main appuyée sur son
épaule. Il faut qu'elle se laisse entièrement guider par lui. C'est le
cavalier qui doit seul déterminer tous les mouvements pour éviter la
rencontre des autres couples; et quand la valseuse désire se reposer,
elle doit avertir son valseur, sans s'arrêter d'elle-même, afin qu'il
choisisse la place convenable.
On valse à deux temps et à trois temps, c'est-à-dire que le rhythme de
la musique reste le même, mais que dans la valse à deux temps on fait
seulement deux pas et trois tours; la valse à trois temps est moins
usitée aujourd'hui. Pour la valse à deux temps, l'orchestre doit presser
un peu le mouvement et l'accentuer avec un soin particulier.
Valse à trois temps[27]. Le cavalier doit se placer bien en face de sa
dame, et se tenir droit sans roideur, ni trop courbé ni trop cambré. Le
bras gauche doit être arrondi avec celui de la dame, de manière à former
un arc de cercle souple et moelleux.
[Note 27: Nous empruntons quelques-unes de ces explications à l'ouvrage
intitulé _la Danse des salons_, par M. Cellarius, professeur de danse.
Nous y puiserons aussi pour indiquer les figures du _cotillon_.]
Le cavalier part du pied gauche, et la dame du pied droit.
Le pas du cavalier se fait en passant le pied gauche devant sa dame.
Voilà pour le premier temps.
Il reporte le pied droit, un peu croisé, derrière le gauche, le talon
levé et la pointe en l'air. Voilà pour le deuxième.
Ensuite il pivote sur ses deux pieds, en montant sur les pointes, pour
se retrouver le pied droit devant, à la troisième position, allonge le
pied droit de côté, glisse le pied gauche de côté en pivotant sur le
pied droit, puis rapproche le pied droit devant à la troisième position.
Voilà pour les troisième, quatrième, cinquième et sixième temps.
La dame part au même instant que le cavalier, par le quatrième temps,
exécute le cinquième et le sixième, et continue par le premier, le
deuxième et le troisième, et ainsi de suite.
La préparation se fait par le cavalier: il pose le pied droit un peu en
avant sur le premier temps de la mesure, laisse passer le deuxième, et
saute sur le pied droit en levant la jambe gauche pour se trouver au
troisième temps et emboîter le premier pas de la valse. Cette
préparation donne à la dame le signal du départ.
Avec les six premiers pas, on doit accomplir un tour entier et employer
deux mesures. Les trois premiers pas doivent se tourner également dans
le premier demi-tour; il n'en est pas de même des trois derniers. Au
quatrième pas, le cavalier doit, sans tourner, placer son pied entre
ceux de sa dame, accomplir son demi-cour en passant devant la dame avec
le cinquième pas, et rapprocher le pied droit au sixième temps.
Le pied de la valseuse, comme celui du valseur, doit conserver sa
position ordinaire. On ne doit ni chercher à se placer sur les pointes,
ni rester non plus cloué sur les talons; la moitié du pied seule doit
porter sur le parquet, de manière à conserver le plus de solidité
possible, sans toutefois nuire à la légèreté.
Valse à deux temps. Le pas est fort simple, et n'est autre que celui du
galop exécuté d'une jambe et de l'autre en tournant; seulement, au lieu
de sauter ce pas, il faut s'attacher à le bien glisser, en évitant les
soubresauts et les saccades. J'ai indiqué déjà, à l'article de la valse
à trois temps, quelle doit être la position du pied. Le valseur doit
tenir les genoux légèrement pliés. Le fléchissement des jambes doit être
très-peu marqué et presque imperceptible à la vue. Il faut sur chaque
mesure faire un pas, c'est-à-dire glisser un pied et chasser de l'autre.
La valse à deux temps, différente en cela de la valse à trois, qui
décrit un cercle, se valse carrément et ne se tourne que sur le glissé.
Il est essentiel de noter cette différence de mouvement, afin
d'apprécier le caractère des deux valses.
La position du cavalier n'est pas la même pour la valse à deux temps que
pour celle à trois. Il ne doit pas se tenir en face de sa dame, mais un
peu à sa droite; s'incliner légèrement sur son épaule droite, ce qui lui
permet de bien s'élancer en entraînant sa dame. Le cavalier, dans la
valse à deux temps, part du pied gauche, et la dame du droit. La
valseuse doit s'abstenir de s'appuyer avec force sur l'épaule ou la main
de son valseur, ce que l'on appelle, en terme de valse, se _cramponner_.
Pour bien valser, il ne suffit pas de conduire toujours sa dame dans le
même sens, ce qui ramènerait bientôt l'uniformité de l'ancienne valse:
il faut savoir tantôt la faire reculer en faisant le pas de valse, non
plus obliquement, mais en droite ligne, tantôt la faire avancer sur soi
en faisant le même pas à reculons. Certains valseurs font même le pas de
_redowa_ de côté, qui n'est pas sans grâce, lorsqu'il s'exécute bien
d'accord avec la dame, et que l'on peut reprendre de côté sans perdre la
mesure. A-t-on de l'espace devant soi, on doit aussitôt étendre son pas
et prendre cette course impétueuse que les Allemands exécutent si bien,
et qui est un des plus heureux caractères de la valse à deux temps.
C'est ici qu'il convient de dire quelques mots de la valse dite _à
l'envers_, qui fait partie de la valse à deux temps. Le cavalier, au
lieu de s'élancer du côté gauche, ainsi qu'il est dit plus haut, peut
s'élancer du côté droit et continuer dans ce sens, en entraînant sa dame
avec lui.