LE MAÎTRE A DANSER. Si vous voulez la saluer avec beaucoup de respect,
il faut faire d'abord une révérence en arrière, puis marcher vers elle
avec trois révérences en avant, et à la dernière vous baisser jusqu'à
ses genoux.
M. Jourdain n'oublie pas la leçon, mais il a commencé à saluer de trop
près la marquise Dorimène, et il est obligé de lui demander de se
reculer un peu pour la _troisième_, afin que son salut soit fait d'après
toutes les règles.
Du temps de M. Jourdain, la révérence et le salut avaient une
très-grande importance, et formaient les principaux éléments du
_menuet_, qui était à peu près la seule danse en usage alors. On
comprend qu'il fallait des danses graves et lentes en rapport avec les
costumes de l'époque, dont la riche ampleur n'aurait pu s'accommoder à
des mouvements vifs et légers. Aussi les danses anciennes, comme la
_pavane_, la _sarabande_, la _chaconne_, le _menuet_, n'étaient guère
que des attitudes qui permettaient aux danseurs de montrer leurs grâces
étudiées. Nous croyons qu'il y a quelque chose à regretter dans ces
danses d'un caractère sérieux, plus agréables à regarder que le galop ou
la valse à deux temps; mais nous ne pouvons qu'en rappeler le souvenir,
et, puisque l'art moderne a adopté de nouvelles formes, ce sont
celles-là que nous allons tenter d'enseigner à nos enfants.