Il est encore question de fleurs dans ce jeu: mais elles doivent
représenter des personnes présentes ou absentes. On forme un bouquet
composé de trois, quatre ou cinq fleurs au plus, en l'absence d'une des
jeunes filles, qui doit faire un emploi quelconque des fleurs que l'on a
choisies, et qui ne sait pas quelles sont les personnes ainsi
métamorphosées. On ne le lui dit qu'après, et le seul intérêt du jeu est
de faire un choix de fleurs qui induise en erreur la personne à qui on
les offre. Donnons-en un court exemple:
Émilie sort, et on décide de choisir trois fleurs: une pensée, un pied
d'alouette et une jacinthe.
Lorsque Émilie rentre on lui demande ce qu'elle en fait. Elle répond
qu'elle met la pensée sur son coeur; qu'elle jette loin le pied
d'alouette qu'elle n'aime pas, et qu'elle met la jacinthe sur sa
fenêtre, parce que l'odeur en est trop forte. Alors on lui apprend
qu'elle a mis sur son coeur une vieille femme du village, qu'elle a
rejeté son amie Marie, représentée par le pied d'alouette, et qu'elle a
mis sur sa fenêtre sa petite soeur qui vient de naître.
Ce jeu est encore employé comme une des pénitences quand on tire des
gages, ainsi que nous le verrons à la fin de cette quatrième partie.