J'aime ces jeux galants où l'esprit se déploie;
C'est, monsieur, par exemple, un bien beau jeu que l'oie!
Le poëte comique met ces vers dans la bouche d'un valet naïf, pour se
moquer de la simplicité du jeu; mais, n'en déplaise à Regnard, nous
aimons assez le jeu de l'oie renouvelé des Grecs.
Il nous est bien difficile de l'expliquer, faute des figures nombreuses
qui en déterminent la marche, mais nous essayerons d'en donner une idée.
Soixante-trois cases, remplies par des dessins différents, produisent
des coups plus ou moins heureux. Les dés, jetés d'un cornet, indiquent
les nombres auxquels se rapportent les numéros des cases. Chaque joueur
tire à son tour et pose sur la case correspondante au nombre qu'il amène
un petit objet qui lui appartient; il doit toujours occuper la place où
l'envoie le sort. Ainsi, par exemple, de neuf en neuf cases est la
figure d'une oie. Si l'on y arrive après avoir compté le nombre donné
par les dés, on continue sa marche, toujours comptant le même nombre.
Quelquefois on arrive à un obstacle appelé _le puits_, _le labyrinthe_,
_l'hôtellerie_, _la prison_, _la mort_, etc. Chacun de ces obstacles
entraîne une pénitence différente. Pour _la mort_, il faut recommencer
soi-même tout le jeu, tandis que l'adversaire ou les adversaires le
continuent. Nous répétons que nous ne pouvons donner de ce jeu qu'une
idée imparfaite, mais que le tableau du jeu, qu'on peut se procurer, en
contient toutes les règles détaillées. On a souvent varié les figures
classiques du jeu d'oie, en y substituant des figures qui se
rapportaient à quelque idée en vogue dans le moment. L'innovation la
plus moderne a pris le titre de jeu du _Steeple-Chase_. De petits
cavaliers en carton servent à marquer la marche du jeu.