Félix ne comprend pas qu'on tienne des oiseaux prisonniers dans une
cage.
--De même, dit-il, que c'est un crime de cueillir une fleur, et,
personnellement, je ne veux la respirer que sur sa tige, de même les
oiseaux sont faits pour voler.
Cependant il achète une cage; il l'accroche à sa fenêtre. Il y dépose un
nid d'ouate, une soucoupe de graines, une tasse d'eau pure et
renouvelable, une balançoire et une petite glace.
Et comme on l'interroge avec surprise:
--Je me félicite de ma générosité, dit-il, chaque fois que je regarde
cette cage. Je pourrais y mettre un oiseau et je la laisse vide. Si je
voulais, telle grive brune, tel bouvreuil pimpant, qui sautille, ou tel
autre de nos petits oiseaux variés serait esclave. Mais grâce à moi,
l'un d'eux au moins reste libre. C'est toujours ça.