Prunus prostrata Labill.
Umbilicus pendulinus DC.
Sedum album L. _var._ micranthum.
S. dasyphyllum L. _var._ glanduliferum.
Petroselinum sativum Hoffm.
Galium lucidum All.
Anthemis punctata Vahl.
Calendula suffruticosa Vahl.
Carduus macrocephalus Desf.
Campanula Erinus L.
Echium calycinum Viv.
Verbascum Boerhavii L.
Linaria flexuosa Desf.
Stachys circinata L’Hér.
Festuca plicata Hack. (F. duriuscula L. _var._), etc.
Les _Silene Atlantica_, _Petroselinum sativum_ et _Festuca plicata_
sont nouveaux pour la flore tunisienne, ainsi que la variété
_sarcocapnoides_ du _Fumaria Numidica_ et l’_Oreobliton_.
Au sommet du rocher qui nous abrite, je distingue plusieurs beaux
pieds d’_Asphodeline lutea_ en fruits ; malheureusement ils sont
juchés sur une corniche inaccessible.
Après le déjeuner, nous longeons la base du guelâat à travers
les Chardons (_Silybum Marianum_, _Notobasis Syriaca_) et les Orties
(_Urtica pilulifera_) déjà desséchés. L’_Oreobliton_, le
_Brassica Gravinæ_, le _Sinapis pubescens_ et le _Stachys circinata_
sont extrêmement abondants. L’_Erodium hymenodes_ étale partout ses
fleurs élégantes. Il est fâcheux que la végétation printanière
ait déjà disparu ; il n’en reste que des débris dans lesquels
je crois reconnaître l’_Arabis auriculata_ et des vestiges
indéterminables d’une Véronique. En revanche le _Campanula
Numidica_ n’a pas encore épanoui ses fleurs.
Arrivés au pied des degrés, nous n’en tentons pas l’ascension
sans une certaine appréhension, bien que les mulets et les
troupeaux de la zaouïa les franchissent chaque jour. Les marches
entaillées dans un calcaire presque marmoréen sont usées, polies
et effroyablement glissantes. La première rampe aboutit à une sorte
de tour carrée dont les murs sont en partie bâtis avec des blocs
antiques et qui, en cas d’attaque, fournirait aux assiégés une
défense inexpugnable. L’escalier, affreux casse-cou, en sort par une
rampe en sens inverse et forme encore un nouveau repli avant de gagner
le sommet du plateau protégé par un mur en parapet. La plate-forme,
qui présente un développement beaucoup plus considérable que le plan
incliné sur lequel est bâti Constantine et qui a été la citadelle
des Hanencha à l’époque de leur puissance, a dû servir en tout
temps de refuge inaccessible et d’asile inviolable.
Les Romains y avaient au moins un poste ainsi que l’attestent des
voûtes antiques qui ont dû constituer des citernes (ou peut-être des
silos) et de nombreuses pierres taillées ou sculptées dont l’une
porte l’épitaphe d’un Fortunatus pleuré par sa femme. Le nom
arabe de Guelâat Es-Snam (la forteresse des idoles) semble indiquer
qu’il s’y trouvait des statues et probablement un temple.
Nous sommes reçus très courtoisement par le _moqaddem_, vieillard
à barbe blanche, qui insiste pour nous conserver comme hôtes au
moins pendant vingt-quatre heures, offre d’autant plus méritoire
que sa zaouïa, où affluaient jadis les pèlerins et les offrandes,
est aujourd’hui presque complètement délaissée. Nous traversons
rapidement les rues encombrées d’herbes rudérales et bordées
de maisons en ruines, pour gagner deux cavités rectangulaires à
ciel ouvert creusées dans le roc, mais peu profondes, qui servent de
citernes aux habitants. La première est encombrée par le _Ranunculus
aquatilis_ var. _Baudotii_, que nous sommes surpris de rencontrer
en pareil lieu. Nous parcourons ensuite trop rapidement l’immense
étendue de la plate-forme, où la roche nue ne présente guère de
végétation que dans les crevasses qui la sillonnent et où s’est
déposé un peu d’humus. Des Légumineuses, déjà rôties par le
soleil, en forment le fond : _Medicago Cupaniana_, _M. elegans_,
_M. tuberculata_, _M. tribuloides_, _M. turbinata_, _M. minima_,
_Trifolium scabrum_, _T. stellatum_, _T. suffocatum_, _T. tomentosum_,
_Melilotus sulcata_, _Astragalus sesameus_, _A. hamosus_, _A. Stella_,
_A. cruciatus_ var. ?, etc. Vers les bords du plateau, nous retrouvons
les _Sedum_ qui croissent le long des parois et en outre une forme
intéressante du _Sedum acre_ ainsi que quelques restes presque
méconnaissables d’un _Sagina_ nain.
Des bords de cette magnifique plate-forme, de 1454 mètres
d’altitude, qui domine toute la région, la vue s’étend sur
un magique panorama. Du côté de l’ouest, au bas des pentes
argilo-marneuses, se dresse la cime rocheuse et dentelée du Bou-Djaber
et plus à l’ouest se profile le long plateau du Dir. Vers le
sud, la vue s’étend à travers des ondulations de collines sur
la masse sombre des forêts de Pins. A l’est, de vastes plaines,
où serpente l’Oued Serrath et où s’élève le Djebel Hanech,
sont semées de moissons blondes et tachetées par les douars des
Oulad Bou-Ghanem et des Ferachich. Enfin, vers le nord, à gauche
de monticules aux flancs abrupts, se dessine la silhouette du Kef,
blanche sur le fond gris de la crête qui le domine.
La fuite de l’heure nous arrache à nos contemplations et nous
ramène près de la zaouïa où nous attendent des jeunes filles
aux cheveux ébouriffés et fort peu débarbouillées, les mains
pleines d’œufs qu’elles viennent nous vendre. Des têtes de
femmes apparaissent au-dessus des terrasses, suivant de l’œil
les chances du marché. Quelques pièces blanches mettent en
liesse les pauvres déguenillées et leurs mères. Le _moqaddem_,
grave et digne, m’attend au sommet de l’escalier et récite le
_fatha_[34] sur ma tête. La descente est plus dangereuse encore que
l’ascension. J’arrive pourtant en bas sans accident, appuyé sur
l’épaule du fils aîné de notre hôte.
Nous reprenons notre route à travers les blocs tombés de la
cime et descendons vers le col dans les moissons où croissent le
_Lychnis macrocarpa_, le _Rhaponticum acaule_ et le _Carduncellus
calvus_. Après avoir franchi le Foum Rechiana et traversé le
bois de Pins, nous prenons vers l’ouest une route nouvelle qui
doit nous conduire plus rapidement à Haïdra à travers la forêt
que nous avons contournée le matin ; mais, une fois engagés dans
les massifs de Pins et de Genévriers, nos guides se trompent et
s’égarent malgré nos observations réitérées. Pendant plus de
trois heures, nous errons à travers les fourrés épais, nous heurtant
aux troncs qui nous meurtrissent et aux branches dont les aiguilles
nous aveuglent. Déjà le soleil a disparu depuis longtemps lorsque
nous sortons de l’inextricable dédale et débouchons sur l’Oued
Haïdra à plus de six kilomètres du campement ; à la tombée de la
nuit, notre petite troupe se débande et chacun rentre au campement
aussi vite que sa monture consent à le porter.
30 juin. La course de la veille a un peu fatigué hommes et bêtes, on
réclame un jour de repos. Mais, d’autre part, les vivres et l’orge
sont presque épuisés et les chameliers qui sont restés à Haïdra
s’impatientent. Comme transaction, il est décidé que le départ
aura lieu après midi et que l’on ira coucher sur la frontière
algérienne. J’en profite pour franchir la rivière et faire une
exploration dans la forêt de Pins traversée un peu hâtivement
le jour de notre arrivée. J’y récolte plusieurs plantes que je
n’avais pas encore rencontrées en Tunisie, et dresse une liste
intéressante d’espèces appartenant en Algérie à la région des
Hauts-Plateaux et de leurs montagnes :
Nigella Hispanica L. _var._ intermedia.