Coronilla minima L.
Hedysarum pallidum Desf.
Bupleurum fruticescens L.
Santolina squarrosa Willd.
Centaurea incana Lag.
Carduncellus calvus Boiss. et Reut.
Anagallis linifolia L.
Linaria scariosa Desf.
La formation crétacée se termine, ainsi que la forêt, au petit
col aplati de Foum Rechiana ; devant nous se dresse une montagne
aux flancs argilo-marneux couverts de belles moissons et que domine
l’immense bloc de rocher aux bords taillés à pic qui forme à son
sommet une plate-forme de 75 à 80 hectares et s’appelle Guelâat
Es-Snam. Ce n’est pas sans une véritable émotion que j’en
atteins la base en passant au milieu des rocs détachés de la masse
qui ont roulé sur la pente. Le sommet n’étant accessible que sur
un seul point, il nous faut suivre assez longtemps le pied des hautes
parois verticales. Dans leurs anfractuosités croassent des bandes
de corbeaux et de choucas ; sur nos têtes, les aigles décrivent
de grandes courbes en jetant leur cri aigu. Au sommet des blocs,
les Goundis montrent leur tête curieuse et disparaissent au moindre
geste suspect. Une végétation luxuriante couvre le sol, des touffes
de l’_Oreobliton thesioides_[33] pendent le long des rochers ;
dans un enfoncement, un Lierre gigantesque monte jusqu’à la cime
et orne plus de cinq cents mètres carrés d’une admirable draperie.
Non loin de là un grand dolmen se dresse parmi les blocs éboulés et
deux rochers isolés présentent dans leurs flancs chacun une chambre
artistement taillée : l’une de ces chambres est même éclairée
par une étroite fenêtre.
Nous avions déjà parcouru un kilomètre depuis la pointe du rocher,
lorsque nous apercevons au bord de la plate-forme, vers le nord,
quelques maisons en pierres auxquelles on accède par des rampes de
degrés taillées en zigzag dans le rocher. Notre approche a été
signalée : deux jeunes gens descendent en bondissant l’escalier
vertigineux pour venir nous souhaiter la bienvenue au nom de leur
père, le _moqaddem_ (chef religieux) de la pauvre zaouïa du Guelâat
Es-Snam. Ils nous invitent à monter au village et à y recevoir
l’hospitalité jusqu’au lendemain, pendant que leurs gens garderont
nos bêtes à la base. Nous ne pouvions songer à séjourner dans ces
parages et la seule perspective de passer une nuit au contact des
parasites indigènes nous causait des démangeaisons. D’ailleurs
il était déjà tard et notre appétit, aiguisé par une longue
course, réclamait une satisfaction immédiate. L’ascension de la
plate-forme est en conséquence remise jusqu’après le déjeuner,
et pendant qu’on apprête ce repas sommaire sous l’arceau d’une
voûte naturelle, je recueille à pleines mains les belles plantes
qui garnissent les consoles des parois ou qui s’abritent dans
les fissures. Je revois là avec une véritable joie bon nombre des
espèces que j’étais habitué jadis à rencontrer sur les montagnes
calcaires des cercles de Guelma et de Souk-Ahras, et ce n’est
qu’au troisième appel que je me décide à revenir m’asseoir
près de mes compagnons affamés, rapportant un richissime butin :
Fumaria Numidica Coss. et DR. _var._ sarcocapnoides.
Sinapis pubescens L.
Brassica Gravinæ Ten.
Rapistrum Orientale DC.
R. hispidum Godr.
Dianthus Caryophyllus L.
Silene ambigua Camb.
S. Atlantica Coss.
Geranium molle L.
Erodium hymenodes L’Hér.
Rhamnus Alaternus L. _var._ prostrata.
R. lycioides L.
Medicago Lupulina L.