Reseda Alphonsi Müll.
R. Arabica Boiss.
R. stricta Pers.
Erodium glaucophyllum Willd.
Medicago laciniata All.
Polycarpæa fragilis Del.
Aizoon Hispanicum L.
Pyrethrum fuscatum Willd.
Chlamydophora pubescens Coss. et DR.
Zollikoferia quercifolia Coss. et Kral.
Anchusa hispida Forsk.
Celsia laciniata Poir.
Linaria laxiflora Desf.
Rumex vesicarius L.
Euphorbia cornuta Pers.
E. glebulosa Coss. et DR.
Asphodelus pendulinus Coss. et DR.
Pennisetum ciliare Link.
Arthratherum ciliatum Nees.
A. obtusum Nees.
Andropogon laniger Desf.
Nous sommes ramenés au gîte par la reprise de l’orage et la
journée se termine mélancoliquement à l’abri de la tente qui
semble prête à s’abattre sous l’effort des averses et du vent.
Le lendemain, 10 juin, le ciel s’est éclairci et, laissant notre
convoi charger les tentes alourdies par la pluie, nous partons en avant
à travers la plaine avec une précipitation qui me fait oublier de
prendre une provision de mon _Sporobolus_ de la veille. Nous avons
emporté le déjeuner et nous devons faire halte à Aïn Kebirita :
après deux heures de marche monotone, au milieu d’une végétation
assez abondante mais uniforme, notre guide nous ramène vers le
pied de la montagne où nous pénétrons dans une gorge resserrée,
le long de couches calcaires qui plongent à plus de quarante-cinq
degrés. Au fond de ce couloir escarpé, un trou de rocher, ombragé
par un groupe de Dattiers sauvages, contient une eau épaisse et
brunâtre, où grouillent de jeunes crapauds et qui va former plus
bas un petit marais allongé au milieu des Roseaux et des Joncs. Il
est à l’unanimité reconnu qu’il est impossible d’utiliser
pour notre usage un liquide aussi dégoûtant et aussi fétide,
bien qu’il ne contienne pas de soufre (Kebrit), comme le nom
de la fontaine semblerait l’indiquer. Je me hâte de recueillir
les rares plantes que présente ce lieu sauvage et nauséabond :
_Lepturus filiformis_, _Atriplex mollis_, _Forskalea tenacissima_,
_Lippia nodiflora_, _Juncus multiflorus_ et _Chara gymnophylla_. Nous
rentrons dans la plaine où la végétation frutescente devient très
abondante. Notre mauvaise humeur ne tarde pas à être dissipée par
les incidents de la marche : lièvres et gerboises qui partent sous
les pieds des chevaux, Scinques aux brillantes couleurs (_Scincus
Aldrovandi_) dont nous interrompons les ébats amoureux et que leur
fuite ne peut soustraire aux poursuites de mon compagnon M. Lataste ;
rencontre d’un douar des Oulad Yakoub du Nefzaoua, où nous achetons
du lait et un mouton. Enfin, une longue ligne verte de Tamarix et de
Roseaux, qui s’étend perpendiculairement du pied de la montagne
vers le Chott, annonce l’approche d’Aïn Kebiriti.
Au-dessous d’une vaste zone d’éboulis qui forme à la base de la
montagne un plan abrupt, hérissé de pierres grises et brunâtres, la
source un peu saumâtre et légèrement thermale coule sur le sable et
donne naissance à un petit ruisseau limpide qui va se perdre dans une
traînée de verdure. Tout alentour, le sol efflorescent et boursouflé
est revêtu de la végétation glauque des terrains salés et est
littéralement encombré de _Deverra chlorantha_. Son congénère,
le _D. scoparia_, pousse dans les interstices des éboulis avec
l’_Anthyllis tragacanthoides_, le _Psoralea bituminosa_, quelques
touffes de _Capparis spinosa_ var. _Fontanesii_ et l’_Andropogon
laniger_.
Pendant le déjeuner, le convoi nous a rejoints, le mouton a
été égorgé et dépecé et nous reprenons tous ensemble notre
route. Jusqu’ici nous avons suivi une plaine large et plate
comprise entre le Chott El-Fedjedj, prolongation orientale du Chott
El-Djerid, et la grande courbe très tendue du Djebel Cherb, dont nous
avons exploré à Kriz les dernières collines. A partir d’Aïn
Kebiriti le terrain se relève en une sorte de plateau rocheux qui
ne disparaît que le long des bords argileux de la Sebkha et que
coupent des rigoles ou ravinets garnis d’arbustes et de Graminées
des genres _Pennisetum_ et _Arthratherum_. C’est sur leurs bords
que je cueille d’abord un _Atractylis_ à fleurs élégantes,
peut-être variété de l’_A. proliféra_, et plus tard le _Lotus
hosackioides_ Coss., espèce nouvelle, d’abord découverte au Maroc
et retrouvée par le Dr André à notre localité même. Bientôt
nous arrivons au bord d’un immense ravin qui s’enfonce dans la
montagne en tournant au pied d’escarpements à pic couronnés par
de larges bandes de roc. C’est l’Oued Châba, dont le lit est le
chemin que nous devons prendre pour franchir le Cherb, mais l’eau y
fait défaut. Il faut pousser plus loin, reprendre le plateau pierreux
qui s’est élevé par une pente insensible, et planter notre tente
sur une terrasse au-dessus d’un nouveau ravin, l’Oued Zitoun,
obstrué par des rochers qui recèlent dans leurs dépressions
quelques tonnes d’eau pluviale. De la hauteur qui domine notre
campement, la vue est splendide : au nord et vers l’ouest le Cherb,
dont la chaîne a atteint depuis longtemps sa plus grande hauteur,
présente des masses disloquées dont le sommet est occupé par des
couches de calcaires compacts, horizontales ou inclinées ; au sud,
la surface encore large du Chott, unie et couverte d’efflorescences
salines, commence à environ six kilomètres et s’étend jusqu’à
la limite brunâtre et indécise de la presqu’île du Nefzaoua. Sur
plusieurs lignes, et surtout en face de l’Oued Châba, cette mince
couche blanche de sel a disparu sur les routes du Chott El-Fedjedj,
plus nombreuses et moins redoutées que celles du Chott El-Djerid. Le
lit de l’Oued Zitoun, au-dessous de la barre des rochers, est rempli
d’un sable assez grossier, à peu près aride ; mais les bords sont
garnis presque partout de plantes dont un certain nombre offrent de
l’intérêt, et parmi elles le _Lotus hosackioides_.
Lorsque je reviens à la tente, le ciel s’est obscurci et le vent
souffle de l’est. Nous nous endormons au bruit des premières
gouttes de pluie qui crépitent sur la toile.
Mercredi 11 juin. Il a plu par rafales toute la nuit ; il
pleut lentement, mais à peu près constamment, pendant toute la
journée. Impossible de tenter l’ascension de la montagne. A deux
reprises, j’essaie, en compagnie de mon préparateur, d’explorer
les environs, mais, après des efforts héroïques, nous devons battre
en retraite, à la hâte, avec le regret de ne pouvoir étudier plus
complètement une localité des plus intéressantes.
Voici la liste des espèces que nous y avons récoltées :
Ammosperma cinereum Hook.
Notoceras Canariense R. Br.
Erucaria Ægiceras J. Gay.
Helianthemum Cahiricum Del.
H. ellipticum Pers.
Frankenia thymifolia Desf.
Dianthus serrulatus Desf. _var._ grandiflorus.
Malva Ægyptia L.
Erodium hirtum Willd.
Fagonia virens Coss. et DR.
Trigonella stellata Forsk.
Astragalus cruciatus Lmk.
A. Kralikianus Coss.
Herniaria fruticosa Desf.
Eryngium ilicifolium Desf.
Eryngium (sans fleurs, peut-être nouveau).
Pulicaria Arabica Cass. _var._ longifolia.
Asteriscus pygmæus Coss. et DR.
Cladanthus Arabicus Cass.
Leyssera capillifolia DC.
Atractylis citrina Coss. et DR.
A. microcephala Coss. et DR.
A. prolifera Boiss. _var._ ?
Microlonchus Duriæi Spach.
Kœlpinia linearis Pall.
Catananche arenaria Coss. et DR.
Andryala tenuifolia DC.