L'HISTOIRE DES GIRONDINS.

(TROISIÈME PARTIE.)

I

Encore une fois, c'est là une faute de conception et presque de

moralité dans l'_Histoire des Girondins_. J'en demande pardon comme

artiste, mais certes pas comme homme politique. La fidélité du

portrait n'est pas la complicité du peintre.

Quand, dans le moyen âge de Rome papale, la belle et infortunée Cinci

devint complice de la mort d'un tyran féodal, féroce et incestueux,

qui était son père, et quand la juste inflexibilité du pape refusa la

grâce d'une coupable, grâce que toute l'Italie demandait à cause de la

fatalité, de l'innocence et de la beauté de la victime, un peintre

illustre saisit son pinceau et retraça, pendant qu'elle marchait à

l'échafaud, la figure angélique et la pâleur livide de la _Cinci_; ce

portrait rendit à la condamnée une vie immortelle. Qui jamais accusa

le peintre du parricide de son modèle?

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 187 / 208 题