XV

Son armée, de cent vingt mille hommes, à moitié Germains et Gaulois,

était appesantie par une multitude de sénateurs, de populace, de

bouffons, de comédiens, d'histrions, de gladiateurs, de conducteurs de

chars, familiers habituels de Vitellius; son entrée à Rome rappelait

les triomphes de Bacchus.

Quatre mois d'orgies déshonorent et usent son règne; ses troupes

s'amollissent dans la licence et dans les insubordinations d'une

capitale.

La proclamation de Vespasien, longtemps cachée à l'Italie, y éclate

enfin.

Cécina, à qui Vitellius doit l'empire, sort de Rome avec une armée

pour aller combattre Mucien et Vespasien en Dalmatie; mais Cécina,

tout en embrassant Vitellius avant son départ, médite ou rêve déjà sa

défection.

Les séditions travaillent l'armée; la flotte abandonne la cause de

Vitellius. Cécina insurge lui-même son camp pour Vespasien.

Bientôt le remords saisit ses soldats; ils enchaînent leur corrupteur

et rétablissent les images de Vitellius. Enveloppés dans Crémone par

les légions des lieutenants de Vespasien, les soldats de Vitellius

capitulent, brisent les fers de Cécina, et conjurent ce traître de

les protéger maintenant contre la vengeance de l'armée ennemie.

Cours familier de Littérature - Volume 12 · 第 68 / 208 题