Mucien, que Vespasien pouvait rencontrer comme rival en Syrie,
puisqu'il y commandait plus de légions que lui, le convie lui-même à
tout oser. Mucien veut bien consentir au second rang, pourvu que le
premier soit occupé par un chef moins ignoble que Vitellius.
Le discours qu'il adresse à Vespasien pour le décider à briguer
l'empire, est un cours de politique à l'usage des ambitieux, aussi
habile en séductions du pouvoir que le discours d'Othon est magnanime
de désintéressement et de philosophie.
Tacite lit dans les conseils des ambitieux comme dans l'âme des sages
rassasiés du monde.