OÙ LA RACE BASQUE TRIOMPHE DE L'ÉTRANGER

Le mariage eut lieu, béni par le père Bidondoa Ihidoïpé.

Quatorze mois après j'invitai mes cousin et cousine dans la même ferme

de Garris où j'avais convié, deux années auparavant, les soi-disant

membres des Etats généraux.

Sur le désir que m'en exprima Eliézer, je réinvitai à un large déjeuner

les mêmes bons Basques devant lesquels il s'était évanoui. Il avait si

bonne mine que je doute qu'ils le reconnurent. Il ne décela aucune

faiblesse, se montra gaillard dans la conversation, mangea comme quatre

des mets les plus lourds, et dégusta, en regardant sa femme qui l'y

poussait, bon nombre d'écrevisses que j'avais fait servir par malignité.

Il but des vins les plus forts. A peine si Paul Dupont put tenir devant

lui. On eût dit qu'Eva lui avait infusé la vieille sève des Robinsons

basques.

Et ce fut une ovation lorsque, au dessert, on nous présenta un enfant

qui semblait être le fils de Gargantua et de Gargamelle.

--Regarde-le, me cria Eva qui était allée lui donner à téter, et qui

revenait vêtue de la tunique nuptiale qui la rendait plus séduisante

encore, mais regarde-le donc! C'est le fils d'Iguskia et d'Ithargia! Et

viens, après cela, prétendre que la légende basque n'est point vraie!

* * * * *

Eliézer, qui s'appelait maintenant Philippe, sourit dans sa barbe.

Les Robinsons basques · 第 44 / 46 题