1799.
L'ouvrage contient: 1° _The Erl-King, from the German of Goethe_
[traduit par M. G. Lewis]; 2° _The Water-King, a Danish ballad_
[traduite par M. G. Lewis]; 3° _Lord William_ [par Robert Southey]; 4°
_Poor Mary_ _The Maid of the Inn_, [par Robert Southey]; 5° _The Chase_
[_Der wilde Jäger_ de Bürger, traduit par Scott]; 6° _William and Helen_
[la _Lénore_ de Bürger, imitée par Scott]; 7° _Alonzo the Brave, and the
Fair Imagine_ [par M. G. Lewis]; 8° _Arthur and Matilda_; 9° _The
Erl-King's Daughter, a Danish ballad_ [traduite par M. G. Lewis].--Donc,
la ballade «morlaque» ne se trouve pas dans cette _Apology_.
De même elle fait défaut dans les _Tales of Wonder_ auxquels elle fut
destinée. On ne sait rien sur la raison de cette omission, mais nous
croyons que Lewis jugea la _Triste ballade_ insuffisamment frénétique
pour figurer parmi ses effrayants poèmes.
Pourtant, le journal manuscrit de Ballantyne (sur lequel est fondé le
passage de Lockhart que nous venons de citer) dit une chose exacte: la
traduction de la _Triste ballade_ par Scott existe, toujours en
manuscrit, semble-t-il.
En 1871, on pouvait la voir à l'Exposition d'Édimbourg, à l'occasion du
centenaire de la naissance du célèbre écrivain. En effet, le catalogue
des objets prêtés[973] porte sous le n° 368:
ORIGINAL MANUSCRIPT.--«The Lamentation of the Faithful Wife of Asan
Aga, from the Morlachian language.» In twenty-seven stanzas[974]
beginning:
What yonder glimmers so white on the mountain,
Glimmers so white where yon sycamores grow?
It is wild swans around Vaga's fair fountain?
Or it is a wreath of the wintry snow?
This spirited translation from the German ballad by Goethe has
probably never been printed. The handwriting is about 1798, and the
translation was well known to some of Sir Walter's early
friends.--Lent by Messrs. A. & Ch. Black.
Nous nous sommes adressé à MM. A. & Ch. Black, éditeurs à Londres, et
leur avons demandé ce qu'ils avaient prêté lors de l'Exposition de 1871.
Ils nous ont répondu que l'indication du catalogue est sans doute
fautive, et qu'ils ne possèdent pas le manuscrit en question.
Nous ignorons où il se trouve actuellement. Conservé jusqu'à 1871, il
n'a vraisemblablement pas été perdu après cette date; peut-être un jour
sera-t-il publié.
Pourtant, les quatre premiers vers que nous connaissons suffisent à
démontrer qu'en 1798, le futur inventeur de la «couleur locale» était
encore loin de songer aux principes qui le rendront plus tard célèbre. À
en juger d'après le début, le style de cette _Lamentation_ manque de
«couleur»; il est semi-classique, semi-ossianique («wreath», «wild
swans», «Vaga's fair fountain»); il est évident que la pièce
n'apporterait pas beaucoup à la gloire de Scott. Mais, si on comprend
facilement que son auteur l'ait gardée en manuscrit, on se demande
pourquoi le possesseur actuel de l'autographe croit devoir le tenir
caché. Il faut ajouter que ce n'est pas la famille du poète qui en
interdit la publication.
Walter Scott ne fut pas le seul grand poète anglais qui connut
l'existence de ce poème «morlaque». Byron, qui voyagea tant en
Orient[975], paraît aussi n'avoir pas ignoré la _Triste ballade_; c'est
à elle qu'il pensa quand il fit allusion aux «chansons bosniaques» dans
_la Fiancée d'Abydos_[976].