8 août.

Chacun a regagné son lit, excepté ma bonne vieille Monique, qui

s'obstine à croire que j'ai besoin de soins, et fait la sourde

oreille quand je l'envoie se coucher. Mais elle ne fait pas plus de

bruit qu'une ombre. Autour de moi tout est tranquille. Le parfum des

grèves--ce parfum que Maurice aimant tant--m'arrive pénétrant et

âpre. Là-bas, sur les ondes argentées, on voit courir des étincelles

de feu. Mais la mer est calme, étrangement calme, et je n'entends

rien que le murmure du ruisseau, à travers le jardin, et par-ci

par-là, le bruissement des feuilles au passage de la brise.

Qui n'a senti ses yeux se mouiller devant le calme profond de la

campagne à demi plongée dans l'ombre? qui n'a prêté une oreille

charmée à ces divins silences, à ces vagues et flottantes rumeurs de

la nuit?

Angéline de Montbrun · 第 48 / 95 题