J'aime à voir le soleil disparaître à travers les grands arbres de
la forêt; la voilà déjà qui dépouille sa parure de lumière pour
s'envelopper d'ombre. À l'horizon les nuages pâlissent. On dit beau
comme un ciel sans nuages, et pourtant, que les nuages sont beaux
lorsqu'ils se teignent des feux du soir! Tantôt en admirant ces
groupes aux couleurs éclatantes, je songeais à ce que l'amour de
Dieu peut faire de nos peines, puisque la lumière en pénétrant de
sombres vapeurs, en fait une merveilleuse parure au firmament.
Lorsqu'il fait beau à la tombée de la nuit, je me promène dans mon
beau jardin--ce jardin si délicieux, disait Maurice, que les
amoureux seuls y devraient entrer.
C'est charmant d'entendre les oiseaux s'appeler dans les arbres.
Avant de regagner leurs nids, il y en a qui viennent boire et se
baigner au bord du ruisseau. Ce ruisseau, qui tombe de la montagne
avec des airs de torrent, coule ici si doux; c'est plaisir de suivre
ces gracieux détours. On dirait qu'il ne peut se résoudre à quitter
le jardin; j'aime ce faible bruit parmi les fleurs.
«Les images de ma jeunesse
S'élèvent avec cette voix:
Elles m'inondent de tristesse
Et je me souviens d'autrefois.»