12 juillet.

J'aime à voir le soleil disparaître à travers les grands arbres de

la forêt; la voilà déjà qui dépouille sa parure de lumière pour

s'envelopper d'ombre. À l'horizon les nuages pâlissent. On dit beau

comme un ciel sans nuages, et pourtant, que les nuages sont beaux

lorsqu'ils se teignent des feux du soir! Tantôt en admirant ces

groupes aux couleurs éclatantes, je songeais à ce que l'amour de

Dieu peut faire de nos peines, puisque la lumière en pénétrant de

sombres vapeurs, en fait une merveilleuse parure au firmament.

Lorsqu'il fait beau à la tombée de la nuit, je me promène dans mon

beau jardin--ce jardin si délicieux, disait Maurice, que les

amoureux seuls y devraient entrer.

C'est charmant d'entendre les oiseaux s'appeler dans les arbres.

Avant de regagner leurs nids, il y en a qui viennent boire et se

baigner au bord du ruisseau. Ce ruisseau, qui tombe de la montagne

avec des airs de torrent, coule ici si doux; c'est plaisir de suivre

ces gracieux détours. On dirait qu'il ne peut se résoudre à quitter

le jardin; j'aime ce faible bruit parmi les fleurs.

«Les images de ma jeunesse

S'élèvent avec cette voix:

Elles m'inondent de tristesse

Et je me souviens d'autrefois.»

Angéline de Montbrun · 第 34 / 95 题