NOTE 41, _pages_ 158-159.
Vers 19090-19338. Cette réflexion, qui n'a aucun sens dans la bouche de
Nature, prouve bien ce que nous disions à la note 21, que ce passage
était une intercalation.
NOTE 42, _pages_ 160-161.
Vers 19117-19367. _Habonde_; lisez: _abunde_. C'est le nom d'une fée
en qui le peuple avoit eu autrefois beaucoup de confiance. Ce nom lui
avoit été donné à cause de l'abondance qu'elle procuroit aux maisons où
elle se retiroit. Un passage tiré des œuvres de Guillaume d'Auvergne,
évêque de Paris, mettra mieux le lecteur au fait de toutes ces
prétendues fées:
[p. 395] _Nominationes dœmonum ex malignitatis operibus eorundem sumptæ
sunt; sicut Lares, ab eo quod laribus præssent; et Penates, eo quod
horreis vel penitioribus domorum partibus; Fauni vero, à fatuitate;
Satyri, à saltationibus; Joculatores, à jocis; Incubi, à concubitu
mulierum, et Succubi, eo quod sub specie mulieris viris se supponunt;
Nymphæ vero, fontium deæ; Striges seu Lamiæ, à stridore et laniatione,
quia parvulos laniant, et lacessere putabantur, et adhuc putantur à
vetulis insanissimis: sic et Dœmon, qui pretextu mulieris, cum aliis
de nocte domos et cellaria dicitur frequentare, et vocant eam Satiam,
è satietate; et dominam Abundiam, pro abundantia quam eam præstare
dicunt domibus quas frequentaverit: hujusmodi etiam dœmones, quas
Dominas vocant vetulæ, penès quas error iste remansit, et à quibus
solis creditur et somniatur. Dicunt has Dominas edere et bibere de
escis et potibus quos in domibus inveniunt, nec tamen consumptionem aut
imminutionem eas facere escarum et potuum, maximè si vasa escarum sint
discooperta, et vasa poculorum non obstructa eis in nocte relinquantur.
Si vero operta vel clausa inveniunt, seu obstructa inde nec comedunt
nec bibunt, propter quod infaustas et infortunatas relinquunt,
nec satietatem, nec abundantiam eis prætantes_. (Voyez Guillaume
d'Auvergne, Paris, 1674, t. I, p. 1036, col. 2.) (Lantin de Damerey.)
NOTE 43, _pages_ 162-163.
Vers 19150-19400. M. Francisque Michel traduit _convent_ par _couvent_.
Evidemment il a traduit le mot sans lire la phrase.
[p. 396] NOTE 44, _pages_ 166-167.
Vers 19228-19480, _Comète_, espèce de planète qui est au-dessus de la
lune, dans la région des planètes. Son corps est solide; elle tire sa
splendeur de la lumière du soleil, qu'elle réfléchit. (B. DE C.)
La comète a cela de particulier, qu'elle est accompagnée d'une longue
traînée et de certains rayons de lumière toujours opposés au soleil,
et qui s'affoiblissent en s'éloignant. Ces rayons sont apparemment
réfléchis par le corps de la comète.
Il y a trois sortes de comètes: la barbue, qui est orientale au soleil;
la comète à longue queue, qui est occidentale et paroît après le soleil
couché; la chevelue, qui se montre lorsque le soleil et la comète sont
diamétralement opposés et que la terre est entre deux.
Il y en a une autre qui est sublunaire, et qui n'est qu'un météore et
une inflammation de l'air grossier.
Les Romains regardoient les comètes comme les présages des événements
sinistres.
_Si vero cœlestes minæ terroresve, aut letra renunciarentur prodigia
formidinesque vel si terribilis species, aut quid novum et inopinatum
oblatum esset, ut cùm duo visi soles, facesve ne cœlo colluxissent,
aut crinita sidera insigni novitate vel igneus turbo: his avertendis
terroribus piacularibus sacrificiis factis ad placandas iras feriæ
indicebantur._
Bayle a solidement réfuté les vains préjugés du peuple à cet égard, et
a démontré parfaitement combien est mal fondée la vanité de l'homme,
qui s'imagine qu'il ne sauroit mourir sans troubler toute [p. 397] la
nature, et sans obliger le ciel à se meure en frais pour éclairer la
pompe de ses funérailles. (Pensées diverses sur les comètes.)
Vespasien ne pensoit pas comme le peuple sur cet article. On parloit
devant ce prince d'une comète qui paroissoit; il répondit: «Ce
phénomène ne me regarde point, moi qui suis chauve, mais plutôt le roi
des Parthes.» (Dion, in _Vespasio_.)
Le cardinal Mazarin, qui avoit l'esprit ferme, fit une réponse plus
jolie. Quelqu'un étant veau dire à cette Eminence, qui étoit malade,
que l'on avoit aperçu une comète qui faisoit appréhender pour ses
jours, il répondit en souriant: _La comète me fait trop d'honneur_, ce
qui revient à la pensée de Jean de Meun:
Ne li princes ne sunt pas dignes
Que li cors du ciel doignent signes
De lor mort plus que d'un autre homme.
(Lantin de Damerey.)