LE MONDE DE LA BOURSE

En d'autres termes, la compagnie des agents de change, des coulissiers,

des intermédiaires en général et de tout ce qui gravite dans leur

orbite.

Je ne sais pourquoi, les membres de cette corporation, qui renferme

beaucoup d'individualités puissamment riches, d'un niveau social élevé

et d'une parfaite distinction, tels que furent les Moreau, les Dreux,

les Mahon, les Dutilleul, tels que sont les Hart, les Giraudeau et une

foule d'autres, fraient peu ou point avec les banquiers.

C'est une tradition qui remonte à une époque fort éloignée et qui s'est

maintenue, sans qu'on en comprenne très bien la raison d'être.

Toujours est-il que c'est là une coterie à part, d'un caractère tranché,

d'une composition spéciale, et qui, tout en ne le cédant en rien, comme

faste et comme élégance, à celle de la Banque, s'en différencie par

certaines nuances et, surtout, par les attaches professionnelles de ceux

qui en font partie.

A vrai dire, je ne crois pas que cette classification subsiste bien

longtemps. Elle est, sans qu'il y paraisse, en train de s'effacer comme

toutes les autres, et rien ne me surprendrait moins que de la voir

cesser prochainement.

Qui vivra verra.

Tom.

[Illustration: LE GRAND COLLIER DE LA LÉGION D'HONNEUR]

L'Ordre national de la Légion d'honneur comporte, on le sait, comme

insigne, une croix à cinq branches double: d'argent pour les chevaliers,

d'or pour les grades supérieurs, elle est attachée par un sumple ruban

pour les premiers, et par un ruban surmonté d'une rosette pour les

officiers; les commandeurs la portent en sautoir: les grands officiers,

sur le côté droit de la poitrine, sous forme de plaque ou étoile en

argent diamanté, et les grands-croix, suspendue à un large ruban en

écharpe passant sur l'épaule droite.

Mais il existe encore un autre insigne, unique celui-là, le grand

collier, qui personnifie et représente en quelque sorte l'ordre tout

entier, et ne peut être porté que par le chef de l'État en raison même

de sa fonction, et parce qu'elle le constitue en même temps chef

souverain et grand-maître de l'ordre.

C'est c'est ce collier de la Légion d'honneur que nous reproduisons ici

d'après le dessin original et officiel du bijou qui existe dans la salle

du conseil de l'ordre à la Grande-Chancellerie. Au bas du document on

lit: «_Vu et approuvé_, le 11 juillet 1881, Jules Grévy», et au-dessous:

«Pour exécution, général Faidherbe».

Comme l'indique cette date le grand collier n'existait plus depuis la

chute de l'empire, sous la présidence de M. Grévy, il fut reconstitué

sur le modèle actuel par le bijoutier de l'ordre.

Le bijou est en or massif ciselé. Il se compose de deux rangs de

faisceaux consulaires séparés entre eux par des étoiles, et entre

lesquels courent dix-sept attribut différents, enfermés dans des

couronnes de chêne et laurier et représentant les arts, les sciences,

l'agriculture, le commerce, l'industrie, etc..., etc.; ces attributs

sont séparés eux-mêmes les uns des autres par les lettres H. P.

entrelacées (Honneur et Patrie).

L'ensemble forme un collier dont les deux extrémités inférieures

viennent se rejoindre sur une double couronne de chêne, laurier et

palmes enrubannées, contenant à son centre le monogramme R. F. A la

double couronne pend la croix réglementaire. Ce bijou a coûté dix mille

francs.

Il doit servir au chef de l'État dans les grandes cérémonies et se

transmet à son successeur. La remise lui en est faite officiellement par

le grand-chancelier lui-même. Le grand collier de la Légion d'honneur

n'est donc pas l'insigne d'un grade personnel, il ne confère aucun

privilège, ne comporte aucun traitement.

Ajoutons que dans la pratique le président de la République ne met

jamais le grand collier qui ferait d'ailleurs un singulier effet sur

l'habit noir et ne se comprend guère qu'avec le grand manteau d'hermine

d'un souverain En grande cérémonie, le Président porte l'insigne de

grand-croix, qui lui appartient en propre, dont il est et dont il reste

de droit titulaire, même lorsqu'il est descendu du pouvoir. C'est ainsi

que parmi les 70 grands-croix actuels l'almanach national contient les

noms de M. le maréchal de Mac-Mahon, qui l'était d'ailleurs bien avant

sa présidence, et celui de M. Grévy.

Hacks.

[Illustration: L'AMIRAL AUBE D'après une photographie de M. Pirou.]

[Illustration: LE LIEUTENANT PLAT Tué au Tonkin le 13 novembre 1890.]

[Illustration: AU TONKIN.--Mort du lieutenant Plat, de l'infanterie de

marine, à la prise de Long-Sat.]

VOYAGE SUR LA PLANÈTE MARS

Suite.--Voir notre dernier numéro.

L'Illustration, No. 2498, 10 Janvier 1891 · 第 6 / 29 题